La députée Gill veut que justice soit enfin rendue avec la fin de l’arrêt Jordan pour les crimes contre la personne

Jean St-Pierre | 3 décembre 2025 | 21:08

Devant l’inaction du gouvernement libéral dans le processus de nomination des juges qui influe sur les délais judiciaires, la députée de Bloc Québécois sur la Côte-Nord, Marilène Gill souhaite qu’on limite le recours à l’arrêt Jordan lorsque des accusations en cas de crimes contre la personne.

Le Bloc revient à la charge avec un projet de loi qui vise à modifier le Code criminel afin que la défense s’appuyant sur l’arrêt R. c. Jordan ne puisse être invoquée dans le cas de crimes contre la personne.

« En ce moment, des délinquants accusés de crimes contre la personne échappent à la justice, invoquant qu’ils n’ont pu être jugés dans un délai raisonnable, s’appuyant sur une jurisprudence établie par l’arrêt Jordan. Au Canada, ce serait au moins quelque 268 causes relatives à des agressions sexuelles présumées qui ont été abandonnées à cause de délais de procédures entre 2016 et 2025. On ne peut pas accepter ça », avise la députée de Côte-Nord—Kawawachikamach— Nitassinan Marilène Gill.

Le projet de loi bloquiste intègre au Code criminel les délais prescrits par l’arrêt Jordan, mais limite le recours à celui-ci pour des accusations pour crimes contre la personne, tels agressions sexuelles, meurtre, gangstérisme.

« Notre projet de loi fait office de ceinture de sécurité pour pallier cette situation inacceptable causée par l’inaction d’Ottawa. Si le gouvernement voyait à ses affaires et nommait adéquatement les juges, les délais seraient raisonnables et nous n’en serions pas là. »

La députée de la Côte-Nord croit que c’est le laisser-faire du fédéral qui fait en sorte qu’actuellement, des criminels ne peuvent être jugés dans un délai raisonnable, échappent à la justice et sont libérés.

« Notre projet de loi est là pour répondre à cette inaction. Pour toutes les victimes et pour que la justice puisse servir adéquatement sa mission, nous espérons que les autres partis se rallieront à nous pour ce changement nécessaire », conclut Marilène Gill.