La pêche au homard a vraiment été bonne sur la Côte-Nord en 2025, le MPO renouvelle tous les permis exploratoires

Jean St-Pierre | 4 mars 2026 | 20:07
Après la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine, la pêche du homard devient une grande industrie sur la Côte-Nord.

La quantité de homard capturé sur la Côte-Nord en 2025 comparativement à 2024 a doublé. Devant un bilan aussi positif, le ministère des Pêches et des Océans renouvelle tous les permis exploratoires.

Les nouveaux permis exploratoires ajouté l’an dernier sur la Côte-Nord ont permis la capture de plus de 1500 tonnes de homard d’une valeur de près de 18M$. Il faut ajouter à cela les revenus des permis commerciaux qui existaient avant l’ajout des permis exploratoires, ainsi que les retombées de la pêche du homard aussi très lucrative en Basse-Côte-Nord.

Une année à la fois

Le ministère entend bien continuer de réévaluer la situation chaque année, pour autoriser le renouvellement de la pêche exploratoire. Pour Pêches et Océans Canada, elle fait partie d’un Plan régional d’acquisition de connaissances et de développement de la pêche au homard. L’objectif est de vérifier si une augmentation de l’activité de pêche dans ces zones est viable pour devenir permanent à un niveau commercial.

« Nous allons y aller une année à la fois. Les changements dans l’environnement comme le réchauffement des températures sont favorables au homard, mais il faut rester prudent », commente l’agent régional principal à la gestion de la ressource Dominic Boula.

Il constate d’ailleurs que certaines sous-zones sont moins rentables. C’est le cas dans certains secteurs en Minganie ainsi qu’en Haute-Côte-Nord jusqu’à Baie-Comeau. « Est-ce que les conditions sont moins favorables dans certains lieux ou si les pêcheurs n’ont pas eu assez de temps pour trouver les bons endroits sur de vastes étendues? Il faudra du temps pour bien comprendre », selon Dominic Boula de Pêches et Océans Canada.

Il insiste à dire que les résultats positifs de 2025 montrent des signaux d’abondance, mais qu’il faut conserver une attitude prudente à long terme en gérant la pêche exploratoire une année à la fois.

Le ministère a annoncé vendredi par le biais d’un avis aux pêcheurs la poursuite de la pêche exploratoire du homard dans les zones 17 (Anticosti), 18 (Côte-Nord) et 19 (Gaspésie) pour la saison 2026. Quelque 95 permis de pêche exploratoires du homard seront attribués en 2026, dont 25 dans la zone 18, qui s’étend de Tadoussac à Natashquan et 12 à des pêcheurs de la Côte-Nord dans la zone 17 autour de l’île d’Anticosti.

Pour rendre sa décision,  Pêches et Océans Canada a analysé les débarquements de 2025 et d’autres indices d’abondance comme les données de prises par unité d’effort. Les commentaires de l’industrie et des Premières Nations ont également été considérés.

L’industrie s’organise 

Les plans de la pêche au homard pour chaque zone au Québec seront publiés dans quelques semaines. La pêche devrait débuter dans la première moitié du mois de mai dans les zones nord-côtières.

Les débarquements des pêcheurs exploratoires des trois grandes zones du Saint-Laurent québécois ont totalisé plus de 2700 tonnes de homards en 2025, pour une valeur de plus de 47 millions de dollars. Contrairement à la pêche au crabe des neiges qui est gérée par des quotas individuels, celle du homard est une pêche à l’effort contrôlé à partir d’un nombre de jour pêche et une limite du nombre de casiers et de la taille des captures.

Devant cette progression fulgurante des revenus liés à la pêche commerciale du homard, l’industrie organise sa croissance. Pêcheries Uapan, qui opère cinq permis pour cette espèce pour la communauté innue d’Uashat mak Maliotenam, fera l’acquisition d’un cinquième bateau homardier. L’usine de transformation de produit marin Umek à Sept-Îles-Uashat construit cet hiver un grand vivier pour conserver le homard en eau salée.

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