L’étude sur la contamination de la baie de Sept-Îles par les mégots de cigarettes conclut qu’il y a un problème réel

Jean St-Pierre | 16 mars 2026 | 20:58
C’est près de l’hôpital de Sept-Îles et les hôtels que l’on retrouve le plus de mégots au sol. Ils ruissellent souvent jusqu’à la mer, selon une étude de la Corpo de l’environnement. (Photo pixabay.com)

Le ruissellement des mégots de cigarettes jusque dans la baie de Sept-Îles constitue un problème bien réel, désormais documenté. La Corporation de protection de l’environnement de Sept-Îles a réalisé une étude qui confirme que beaucoup de mégots sont transportés jusqu’à la mer par le réseau pluvial municipal.

Les analyses d’eau ne permettent pas, à ce stade, de conclure de façon définitive à une contamination mesurable de la baie par les mégots via le réseau pluvial. Toutefois, les données de terrain sont sans équivoque : près de 12 733 mégots ont été récoltés au cours du projet, ainsi que plusieurs kilogrammes de déchets.

Des secteurs en ville remplis de mégots

La cartographie réalisée révèle des concentrations marquées dans certains secteurs. L’hôpital arrive en tête des zones les plus contaminées, suivi des hôtels.

Ces résultats identifient clairement des secteurs prioritaires pour de futures interventions de sensibilisation. Les sondages réalisés auprès des fumeurs indiquent que le geste de jeter un mégot au sol relève souvent de l’habitude, plus que de l’absence de cendrier.

L’étude visait à vérifier si les mégots jetés en milieu urbain pouvaient être entraînés vers la baie par le ruissellement et ainsi engendrer de la contamination. Pour y parvenir, la CPESI a procédé à l’analyse d’échantillons d’eau à la sortie de conduites pluviales, à la quantification et au ramassage systématique des mégots dans différents secteurs, à la cartographie des zones les plus contaminées et au recensement des cendriers dans les lieux publics.

Des sondages ont été menés auprès de personnes fumeuses afin d’identifier les facteurs qui influencent l’adoption d’habitudes écoresponsables.

Ce qu’en disent les fumeurs

Par ailleurs, les résultats montrent également que l’état de propreté d’un lieu influence le geste. Dans un environnement déjà souillé, la probabilité de jeter son mégot au sol augmente.

À l’inverse, les milieux propres incitent davantage à adopter un comportement responsable. Ces données confirment que les normes sociales et l’aménagement des espaces publics constituent des leviers puissants pour réduire la pollution à la source.

Plusieurs répondants mentionnent aussi que la disparition des cendriers intégrés aux véhicules a modifié leurs pratiques, soulignant le rôle de l’environnement physique pour influencer les comportements.

Pour la Corpo de l’environnement, le projet a permis de transformer une problématique diffuse en réalité mesurable. « La communauté dispose désormais d’un portrait clair et de piste d’intervention. »

L’organisme poursuivra ses démarches afin de réduire la pollution à la source et de mobiliser les partenaires autour de solutions concrètes.

Réalisé grâce à l’appui financier du Programme interculturel communautaire et du Port de Sept-Îles, ce projet a permis, pour la première fois, de documenter l’ampleur locale de cette pollution banalisée et encore largement sous-estimée.