Le Musée de la Côte-Nord en meilleure santé financière avec le Budget Girard mais…

Jean St-Pierre | 19 mars 2026 | 09:16
Le problème d’iniquité lié à l’éloignement n’est pas réglé, selon le regroupement des Musées régionaux de l’Est-du-Québec dont fait partie le Musée de la Côte-Nord. (Photo Jean St-Pierre, Macotenord.com)

Le Musée de la Côte-Nord et le Regroupement des musées régionaux de l’Est du Québec accueillent favorablement le rehaussement récurrent de leur financement et de la bonification du PAFIM, annoncés hier. Mais, ils continuent « de faire face à une injustice structurelle : l’absence d’un supplément pour l’éloignement.

Les coûts restent plus élevés qu’ailleurs en transport, énergie, personnel… et rendent leur mission culturelle et éducative encore plus difficile à réaliser. Les investissements annoncés ne suffisent pas à combler l’écart entre les musées des grands centres et ceux situés dans les régions éloignées.

Le Regroupement des musées régionaux de l’Est se réjouit de la pérennisation qu’apporte le nouveau budget du gouvernement du Québec et de l’augmentation de l’enveloppe du Programme d’aide au fonctionnement des institutions muséales (PAFIM). Ces investissements représentent un signal positif pour les institutions muséales qui ont lancé un cri d’alarme à l’automne 2025 sur la fragilité de leur financement.

Un signal positif

« Nous tenons à remercier le ministre de la Culture et des Communications, Mathieu Lacombe, de même que l’ensemble des partenaires gouvernementaux d’avoir entendu une partie de notre appel. Les nouveaux crédits nous donnent de l’air, sans toutefois corriger l’écart structurel entre un musée situé dans un grand centre et un musée situé à des centaines de kilomètres des grands pôles urbains. Sans supplément pour l’éloignement, les musées en régions éloignées doivent continuer de faire « plus » avec « moins », et c’est le Québec qui est privé de tout le potentiel culturel, éducatif et touristique des régions éloignées », insiste le directeur général du Musée de la Gaspésie et porte-parole du regroupement Martin Roussy.

Le Regroupement rappelle donc qu’un enjeu fondamental demeure : l’absence d’un supplément lié à l’éloignement pour les 43 musées situés en régions éloignées, une demande qui s’élevait à 2,54 millions de dollars par année. Les musées de l’Est du Québec doivent composer avec des coûts de transport beaucoup plus élevés pour les expositions, les tournées et la logistique.

Il y a aussi des défis de recrutement et de rétention du personnel spécialisé. Une base de population plus restreinte pour la billetterie, la philanthropie et les revenus autonomes compliquent aussi le financement des musées en région.  

Le Regroupement rappelle qu’il ne s’agit pas d’un traitement de faveur, mais d’un principe d’équité territoriale. Les musées régionaux de l’Est du Québec entendent poursuivre leurs démarches auprès du gouvernement et des partis d’opposition au cours des prochains mois.