Fermeture de la scierie des Outardes | Domtar parle d’une crise qui touche 350 travailleurs de la Côte-Nord

La Presse Canadienne | 14 janvier 2026 | 20:59
Les scieries vivent une crise majeure au pays. (Photo La Presse Canadienne/Darryl Dyck)

Quelque 350 travailleurs sont touchés par une fermeture à durée indéterminée de la scierie des Outardes, à Baie-Comeau. Domtar parle d’une «crise profonde» qui touche l’industrie forestière au sens large. À la scierie des Outardes, ce sont 186 travailleurs qui sont directement  touchés, membres du syndicat Unifor, affilié à la FTQ. 

À ce nombre s’ajoutent 160 personnes qui travaillent aux opérations forestières pour approvisionner la scierie, a précisé en entrevue, mercredi, Guillaume Julien, directeur principal des affaires publiques pour Domtar. Il souligne que des travailleurs de Domtar ont aussi été informés, mardi, d’une autre fermeture à durée indéterminée, à Ignace, en Ontario.

«Il y a plusieurs fermetures au Québec, en Ontario, dans l’Ouest canadien et aux États-Unis. On est dans une période de crise de l’industrie forestière. Actuellement, on fait face à une tempête parfaite. La crise est assez profonde», résume M. Julien.

Il évoque le fait que «chaque pièce de bois qu’on vend aux États-Unis» subit une surcharge de 45 %, en jumelant les droits compensateurs, les droits antidumping et une taxe de 10 %. À cela s’ajoute le ralentissement dans la construction aux États-Unis. Même au Québec et au Canada, malgré la pénurie de logements, la construction résidentielle n’est pas à la hauteur.

Incertitude pour les syndiqués

«C’est l’hécatombe qui se poursuit», s’est exclamé le directeur québécois d’Unifor, Daniel Cloutier, en entrevue. Le syndicat, qui représente des milliers de travailleurs dans cette industrie, s’inquiète des répercussions sur les emplois et de l’incertitude qui plane pour ceux qui restent.

M. Cloutier dit craindre que, las d’attendre que la scierie rouvre, devant l’incertitude quant à la date de réouverture, des travailleurs se découragent et aillent travailler dans une mine ou ailleurs. Les prestations d’assurance-emploi ne suffisent pas. Alors, la scierie pourra-t-elle rouvrir avec tant de travailleurs manquants? demande-t-il.

«J’aimerais ça dire ‘on a enfin atteint le fond du baril’. Mais, malheureusement, les indices qu’on reçoit, nous, c’est qu’on n’est pas encore rendu là», déplore le dirigeant syndical.

Et les gouvernements?

Des programmes ou mesures de soutien ont été offerts par les gouvernements, mais tant Domtar qu’Unifor affirment qu’il faut plus. Le programme fédéral, par exemple, est insuffisant pour une entreprise de la taille de Domtar, note M. Julien. Au Québec, des efforts ont été faits pour tenter de réduire les coûts d’exploitation, mais «selon nous, il y a des efforts supplémentaires qui doivent être faits».

M. Cloutier, lui, souhaiterait l’adoption d’un programme de rachat des droits compensatoires, qui permettrait au gouvernement fédéral de racheter les droits qui sont actuellement versés dans une fiducie par une entreprise touchée par ces droits.

Mais il semble que le gouvernement fédéral ait peur, s’il suivait cette voie, d’offenser davantage l’administration Trump, rapporte M. Cloutier.

Par : Lia Lévesque