Les chefs de Petapan croient que François Legault a manqué l’occasion de marquer l’histoire des relations Québec-Autochtones

Jean St-Pierre | 29 janvier 2026 | 16:33
Les chefs Réal Tettaut de Nutashkuan, Martin Dufour d’Essipit et Jonathan Germain de Pekuakamiulnuatsh (Photo Facebook)

Les trois chefs du Regroupement Petapan. Jonathan Germain de Pekuakamiulnuatsh, Martin Dufour d’Essipit et Réal Tettaut de Nutashkuan croient que François Legault a manqué une belle occasion de marquer l’Histoire. Ils espèrent que son successeur en profitera pour faire entre son gouvernement dans l’Histoire en signant le Traité Petapan.

Ce traité s’inscrivant dans une vision moderne des relations de Nation à Nation, estiment les chefs innus. Ils rappellent qu’en campagne électorale à l’automne 2022, François Legault s’était engagé à conclure la négociation avant le 31 mars 2023.

Le gouvernement du Québec a décidé de faire marche arrière et de ne pas conclure un premier traité moderne depuis les Conventions signées avec les nations Crie, Inuite et Naskapie dans les années 1970. Québec a aussi refusé en 2025 de signer une Déclaration commune avec le Canada, confirmant un appui au traité avec trois communautés. Les discussions se sont poursuivies depuis sans résultat concret.

Traité moderne plutôt que Loi sur les Indiens

« Le Traité Petapan n’est pas un geste symbolique, c’est un projet de société. Il reconnaît nos droits et notre autonomie, sort nos communautés du carcan de la Loi sur les Indiens et établit des modalités claires de gouvernance et de partage. C’est une base stable et moderne pour cohabiter et prospérer, ensemble, sur nos Nitassinan », explique le chef des Innus de Nutashkuan Joseph Tettaut.

Le Regroupement Patakan remarque que les représentants du gouvernement québécois pratiquent l’art de tourner en rond depuis 2023, avec la multiplication de « demandes de précision » et de réouvertures de chapitres. Cette façon de faire use la confiance, fragilise la relation Nation à Nation et repousse sans cesse la décision politique.

« Pourtant, le Saguenay– Lac‑Saint‑Jean et la Côte‑Nord en récolteront des bénéfices sociaux et économiques majeurs. Nous aurions tant voulu écrire l’Histoire avec le premier ministre sortant. Il a frôlé ce moment, puis s’en est détourné », commente le chef des Innus d’Essipit Martin Dufour.