Les prix du pétrole bondissent après les attaques au Moyen-Orient

La Presse Canadienne | 2 mars 2026 | 10:43
Le prix de l’essence est resté stable à Sept-Îles dans les dernières semaines, mais la situation mondiale risque d’avoir des impacts jusque sur la Côte-Nord. (Photo ArsenalMedia)

Les prix du pétrole étaient en forte hausse, lundi, alors que les attaques américaines et israéliennes contre l’Iran, et les représailles contre Israël et les installations militaires américaines dans le golfe du Persique, ont perturbé la chaîne d’approvisionnement énergétique mondiale.

Les marchés mondiaux pariaient sur un ralentissement, voire un arrêt complet, de l’approvisionnement en pétrole provenant d’Iran et d’autres pays du Moyen-Orient. Les attaques menées dans toute la région, notamment contre deux navires traversant le détroit d’Ormuz, ont limité la capacité des pays à exporter du pétrole vers le reste du monde.

Selon les experts en énergie, la poursuite des attaques entraînerait probablement une hausse des prix du pétrole brut et de l’essence. Le baril de Brent, la référence internationale, s’échangeait à 79,41 $ US lundi matin, selon FactSet, soit une hausse de 9 % par rapport à son cours de 72,87 $ US de vendredi dernier, qui était déjà un sommet en sept mois.

La hausse des prix mondiaux de l’énergie signifie que les consommateurs devront payer plus cher leur essence à la pompe et débourser davantage pour leurs courses et autres produits.

Selon Rystad Energy, environ 15 millions de barils de pétrole brut par jour, soit environ 20 % du pétrole mondial, transitent par le détroit d’Ormuz, ce qui en fait le point de passage le plus critique au monde pour le pétrole. Les pétroliers qui traversent le détroit, bordé au nord par l’Iran, transportent du pétrole et du gaz provenant d’Arabie saoudite, du Koweït, d’Irak, du Qatar, de Bahreïn, des Émirats arabes unis et d’Iran.

L’Iran a temporairement fermé certaines parties du détroit à la mi-février pour ce qu’il a qualifié d’exercice militaire, ce qui a entraîné une hausse d’environ 6 % des prix du pétrole dans les jours qui ont suivi. Dans ce contexte, huit pays membres du cartel pétrolier OPEP+ ont annoncé dimanche qu’ils augmenteraient leur production de brut.

«Environ un cinquième de l’approvisionnement mondial en pétrole transite par le détroit d’Ormuz, une artère vitale pour le commerce mondial, ce qui signifie que les marchés sont plus préoccupés par la possibilité de transporter les barils que par la capacité de réserve théorique», a expliqué Jorge León, vice-président senior et responsable de l’analyse géopolitique chez Rystad, dans un courriel.

«Si les flux transitant par le Golfe sont limités, la production supplémentaire n’apportera qu’un soulagement immédiat limité, rendant l’accès aux voies d’exportation bien plus important que les objectifs de production annoncés.»

L’Iran exporte environ 1,6 million de barils de pétrole par jour, principalement vers la Chine, qui pourrait devoir se tourner vers d’autres sources d’approvisionnement. Toutefois, la Chine dispose de réserves stratégiques importantes et pourrait également augmenter ses importations en provenance de Russie, selon les analystes.

Par Cathy Bussewitz