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Action Chômage Côte-Nord et une coalition nationale interpellent le premier ministre Carney pour mettre fin au « trou noir »
La délégation l’Alliance interprovinciale de l’assurance-emploi à Ottawa adresse son message au ministre des Finances : il y a urgence d’agir pour nos régions (Photo Facebook) Une coalition nationale demande au premier ministre Carney de revoir en profondeur l’assurance-emploi. Une délégation d’une vingtaine de personnes provenant de plusieurs provinces est aujourd’hui à Ottawa afin de livrer un message clair au gouvernement fédéral.
La montée du prix du pétrole rend encore plus urgente une réforme majeure pour soutenir les travailleurs des industries saisonnières, selon Action Chômage Côte-Nord et l’Alliance interprovinciale de l’assurance-emploi.
Cette coalition est composée de syndicats et de groupes communautaires pour la défense des sans-emplois dans tout l’Est du pays, exige. La délégation à Ottawa adresse son message au ministre des Finances : il y a urgence d’agir pour nos régions !
Cennes noires pour la fin du trou noir
Munie de jarres remplies de cennes noires, la délégation rappelle que mettre fin au « trou noir » de l’assurance-emploi ne coûterait que… quelques cennes. Action Chômage Côte-Nord et l’Alliance interprovinciale de l’assurance-emploi mettent de l’avant des solutions depuis longtemps à ce problème bien documenté. La coalition réclame une réforme en profondeur qui tient compte des réalités régionales.
« Le système qui abandonne nos régions, Québec, Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse ou Terre-Neuve : partout dans l’Est du Canada, les travailleurs de l’industrie saisonnière se retrouvent chaque année sans revenu pendant plusieurs semaines à cause de paramètres administratifs mal adaptés aux réalités des régions. Pourtant, ces personnes occupent des emplois essentiels à l’économie régionale : pêche, transformation du poisson, foresterie, construction, tourisme, pourvoiries, lutte contre les incendies… »
À court terme, la coalition demande la prolongation et l’amélioration du projet-pilote qui prend fin en octobre 2026 et octroie cinq semaines supplémentaires de prestations aux travailleuses et travailleurs de l’industrie saisonnière. Les différents groupes demandent que cette mesure soit non seulement maintenue, mais pérennisée et bonifiée de 15 semaines.
Cennes noires au ministre Champagne
Pour dénoncer l’inaction du gouvernement face à ce problème de longue date, l’Alliance interprovinciale a apporté des cennes noires récoltées auprès des employeurs, des travailleurs et de la population des régions concernées.
« En apportant nos cennes noires au ministre Champagne, on veut rappeler que le problème du “trou noir”, ce n’est pas un problème financier ni une fatalité, mais un manque de volonté politique. Les 15 semaines supplémentaires dont bénéficieraient les travailleurs de l’industrie saisonnière ne coûteraient qu’une cenne par 100 $ de revenu. Alors, voici les cennes : on attend maintenant l’action politique ! », déclare la porte-parole de l’Alliance interprovinciale de l’assurance-emploi Fernand Thibodeau.
Sur le terrain, les conséquences sont bien réelles. Des travailleuses ont témoigné pour que les députés comprennent la réalité vécue en région. « Le système d’assurance-emploi actuel nous abandonne complètement. On exige des heures impossibles à atteindre et on réduit nos prestations avec des calculs injustes. Les travailleuses et travailleurs de la mer méritent mieux », témoigne Mandy Symonds, de la Nova Scotian Seasonal Workers Association.
« On fournit le bois, le poisson et une destination touristique au Québec. On aime notre travail. Tout ce qu’on demande, c’est de pouvoir passer l’hiver dignement », souligne Audrey Boulianne, travailleuse de l’industrie saisonnière à Tadoussac
Une réforme nécessaire
La vice-président de la CSN, David Bergeron-Cyr, remarque que de moins en moins de travailleurs sont couverts par l’assurance-emploi, alors même que le chômage augmente. « Le gouvernement doit régler ce problème. Les jeunes, souvent les premiers mis à pied, n’ont pas droit à cette mesure », affirme-t-elle.
Pour l’Alliance, la question dépasse largement l’assurance-emploi : elle touche à l’avenir des régions. Sans solution, préviennent les organisations, les communautés côtières et rurales continueront de se vider, fragilisant des pans entiers de l’économie canadienne.