Dix cas sur la Côte-Nord | FAQ publie une cartographie actuelle des femmes et filles autochtones disparues ou assassinées

Jean St-Pierre | 1 avril 2026 | 10:56
Paul-André Perron, Conseiller stratégique du Bureau du coroner, Pierre Simard, Directeur de l’Association des directeurs de police des Premières Nations et Inuit du Québec, Bridget Tolley, membre du comité aviseur de la cartographie FF2E+ADA, Marjolaine Étienne, Présidente de Femmes Autochtones du Québec et Laura Rock, Directrice générale par intérim de FAQ (Photo Courtoisie)

Femmes Autochtones du Québec (FAQ) sonne l’alarme sur la gravité de la situation en publiant un portrait inédit de l’ampleur des violences subies par les femmes autochtones de 1950 à 2026. La Côte-Nord se retrouve parmi les régions les plus touchées, pas loin derrière le Nunavik, Montréal, l’Outaouais.

La cartographie publiée hier documente 124 cas de femmes, filles et personnes bispirituelles autochtones disparues ou assassinées, dont 10 sur la Côte-Nord. Il faut ajouter à cette étude en collaboration avec l’Université du Québec en Outaouais de nombreux décès suspects ou survenus dans des circonstances aggravantes.

Des familles détruites

Au total, près de 220 parcours de vie ont été documentés. Cette initiative poursuit trois objectifs principaux : documenter les cas, sensibiliser le public et les décideurs, et honorer la mémoire des femmes autochtones disparues ou assassinées en créant un espace de mémoire accessible.

Au-delà des chiffres, FAQ rappelle que chaque donnée représente une vie, une famille et une communauté touchée. La cartographie révèle une réalité profondément alarmante et permet de mettre en lumière certaines tendances préoccupantes, notamment la concentration de cas dans certaines régions, la présence importante de cas hors communautés et la réalité des violences vécues dans différents contextes, incluant la violence conjugale, familiale, sexuelle et institutionnelle.

Parmi les 124 cas, 96 sont des femmes et des filles assassinées, 14 personnes sont toujours disparues et n’ont jamais été retrouvées, et 14 personnes ont été portées disparues avant d’être retrouvées sans vie.

Une urgence actuelle

Les données révélées par cette cartographie démontrent sans équivoque que la violence envers les femmes, les filles et les personnes bispirituelles autochtones n’est pas une réalité du passé, mais une urgence actuelle, persistante et systémique. Plusieurs cas demeurent invisibles ou difficiles à documenter.

Les disparitions et les assassinats sont souvent liés à des facteurs systémiques, sociaux, économiques et institutionnels. Face à la gravité des constats, FAQ appelle à une mobilisation immédiate et concertée.

Pour adresser la situation, les institutions, les gouvernements, les services publics et l’ensemble des acteurs concernés doivent impérativement centrer les voix et l’expertise des femmes autochtones dans tous les processus décisionnels et opérationnels, pour assurer la sécurité des femmes et des filles autochtones.

« Cette cartographie vient mettre en lumière une réalité que nos communautés connaissent depuis longtemps. Derrière chaque cercle sur la carte, il y a une femme, une fille, une personne bispirituelle, une famille et une communauté. La sécurité des femmes autochtones doit devenir une priorité pour l’ensemble de la société et le prochain gouvernement du Québec », clame la présidente de Femmes Autochtones du Québec Marjolaine Étienne.