Le Québec doit passer à l’action concernant les coûts de construction et le financement des infrastructures municipales

Jean St-Pierre | 16 juin 2026 | 09:05
On réalise moins de projets municipaux au Québec en raison des coûts, des règles mal arrimées, des processus lourds et d’un financement imprévisible, selon l’UMQ. (Photo Jean St-Pierre, Macotenord.com)

Il n’y a pas qu’à Sept-Îles et sur la Côte-Nord où les coûts de construction freinent les investissements dans de nouveaux logements ou des projets d’infrastructure. L’Union des municipalités du Québec lance un message clair : le Québec connaît déjà le problème. Il doit maintenant passer à l’action.

Dans une lettre aux médias, le président de l’UMQ Guillaume Tremblay profite du lancement des États généraux de réflexion sur le coût et le financement des infrastructures municipales. « Les études s’accumulent….Des projets reportés, des rues qui se dégradent… Partout au Québec, les mêmes conséquences se répètent et la facture, elle, continue d’augmenter », écrit-il.

Ce que cela signifie concrètement, c’est moins de logements disponibles, des services plus coûteux et des occasions économiques qui échappent aux communautés. Et derrière ces impacts bien réels : des règles mal arrimées, des processus lourds et un financement imprévisible.

Le phénomène est systémique, selon le président de l’UMQ. Dans le secteur municipal, qui porte 60% des infrastructures publiques, les coûts augmentent d’environ 8% par année. Alors que le déficit d’entretien des infrastructures d’eau dépasse 50 milliards de dollars, le Québec est pris dans un cercle vicieux : plus il y a des normes, plus c’est long, plus c’est cher, moins on construit.

Moderniser les normes, réduire les délais

« Les réponses existent et font consensus. Elles doivent maintenant être mises en œuvre rapidement. Pour reprendre le contrôle sur les coûts de construction, deux leviers doivent être activés sans attendre », réclame Guillaume Tremblay.

L’augmentation des exigences gouvernementales au cours des dix dernières années a entraîné des coûts supplémentaires estimés entre 900 M$ et 1,5 G$ par année pour le milieu municipal, soit de 28 à 40 % de l’augmentation totale des coûts. « Les normes poursuivent des objectifs importants, mais leur accumulation, leur manque de cohérence… ne permettent plus de réaliser des projets à des coûts soutenables pour les contribuables du Québec. »

Le président de l’UMQ croit qu’il faut réformer le financement pour passer plus rapidement à l’exécution. Il rappelle que le financement des infrastructures est fragmenté dans environ 200 programmes qui sont complexes et dont le financement est souvent imprévisible.


Agir maintenant
Les maires et préfets du Québec croient qu’il faut changer d’approche, simplifier en profondeur et surtout faire confiance aux municipalités qui ont la capacité de gérer les sommes dédiées aux travaux d’infrastructure. 

« Tant que le Québec ne s’attaquera pas à la multiplication des normes et au financement des infrastructures, il ne reprendra pas le contrôle des coûts de construction. Il faut s’assurer que chaque dollar investi contribue réellement à nos priorités collectives et à notre capacité de bâtir », conclut Guillaume Tremblay, qui réclame au nom des maires du Québec un plan d’action, avec des échéanciers précis pour stabiliser le financement des infrastructures.