L’artiste Émilie Pedneault présente la première exposition solo de l’espace Panache au Musée de la Côte-Nord
Œuvre de l’exposition Tanner le blanc des mornes d’Emilie Pedneault. (Photo Courtoisie) « Tanner le blanc des mornes » de l’artiste Emilie Pedneault deviendra la première exposition solo présentée à l’Espace Panache au Musée de la Côte-Nord à Sept-Îles.
Artiste en arts visuels et auteure, la Baie-Comoise Emilie Pedneault élabore sa pratique à partir du détail et des rapports ténus entre les choses : les traits de l’encre sur le papier, les objets dans leur agencement, le rythme des mots.
Ancrée dans une exploration de la perplexité morale et sensorielle, sa démarche vise à altérer les cadres perceptifs du regardeur et du lecteur, à déplacer leurs modes d’appréhension du réel. Emilie Pedneault a publié notamment deux recueils de poésie. Candidate à la maîtrise en création littéraire à l’Université du Québec à Chicoutimi, elle développe une pratique à la croisée de l’écriture et des arts visuels.
L’exposition Tanner le blanc des mornes se tiendra du 15 octobre 2026 au 7 février 2027. Un vernissage aura lieu le jeudi 15 octobre à compter de 17h.
L’unique centre d’artistes autogéré sur la Côte-Nord, Panache art actuel profite d’une entente avec le Musée de la Côte-Nord depuis près d’un an. Le nouvel Espace Panache permet la présentation d’exposition de membres du centre à la salle polyvalente du Musée du boulevard Laure.
Recherche artistique longuement réfléchie
L’exposition Tanner le blanc des mornes s’inscrit dans une recherche menée depuis plusieurs années sur la perplexité morale, notamment celle qui naît d’une perplexité sensorielle, et de ses effets sur notre manière de percevoir le monde.
Le projet repose sur l’idée qu’un véritable déplacement du regard ne peut advenir sans une transformation des codes qui structurent notre interprétation du réel. Tant que ces repères demeurent inchangés, la normalité agit comme un automatisme limitant toute reconfiguration sensible.
Le projet est intimement lié à une expérience perceptive autistique, non comme sujet explicite, mais comme manière d’organiser l’espace, les formes et les couleurs, la hiérarchisation des sens étant complexe et de ce fait, impossible à arrêter sur une définition de ce qu’est la normalité.

Deux temporalités traversent l’exposition : les dessins, lents et minutieux, invitent à une contemplation prolongée, tandis que les peintures, plus instinctives, explorent la matière et la texture.
L’ensemble propose une expérience sensible où les normes perceptives se fissurent, ouvrant la possibilité d’un regard renouvelé sur le monde.
L’exposition réunit de grands dessins à la plume sur papier Arches et des peintures à l’huile figuratives qui empruntent volontairement à des formes reconnaissables, presque classiques, afin d’en détourner subtilement les conventions. Ces décalages instaurent un état de perplexité douce où les repères habituels deviennent instables. , qu’elle a présentée dans divers lieux à travers le Québec.