Une navette fluviale Minganie-Gaspésie via Anticosti aurait un impact significatif sur les deux régions, selon une nouvelle étude

Jean St-Pierre | 28 janvier 2026 | 17:21
Le maire de Gaspé Daniel Côté et la préfète en Minganie Meggie Richard travaillent main dans la main pour trouver le financement d’une navette fluviale entre les deux rives du Saint-Laurent. (Photo Facebook)

Une nouvelle étude économique dévoilée aujourd’hui confirme des retombées appréciables si les gouvernements financent un lien maritime touristique entre Havre-Saint-Pierre-Anticosti-Gaspésie

Le Port de Havre-Saint-Pierre et les préfets de la Côte-de-Gaspé Daniel Côté et de la Minganie Meggie Richard demandent au gouvernement du Québec de s’engager dans le financement du projet.

L’acquisition d’un bateau traversier est évaluée à 20M$ et l’opération à 12 millions. Des investissements seront aussi nécessaires pour l’accueil des visiteurs à Anticosti. Le projet viendrait soutenir plus de 537 emplois annuellement, L’étude estime que 58% des retombées reviendraient à la Côte-Nord.

Tout dépend du gouvernement

Les prochaines étapes dépendent du positionnement du gouvernement, ont expliqué les promoteurs lors d’une rencontre avec les médias ce mercredi. La mairesse d’Anticosti Hélène Boulanger a rappelé que l’île est au cœur de ce projet, qui repose sur des bases différentes de celui réalisé il y a une trentaine d’années avec la compagnie Relais Nordik.

La préfète de la Minganie Meggie Richard a rappelé qu’Anticosti est la seule île habitée au Québec qui n’est pas desservi par une traverse, invitant ainsi la Société des Traversiers à s’intéresser au lien inter-rive. Elle croit que le projet permet une mise en valeur essentielle des parcs nationaux de la Côte-Nord et de la Gaspésie, ainsi que l’île maintenant reconnue comme site du patrimoine mondial de l’UNESCO.

« On y croit. La navette fluviale deviendra un lien structurant en créant une nouvelle boucle touristique », affirme le maire et préfet en Gaspésie Daniel Côté.

Le ministère des Transports et celui du Tourisme ont financé la nouvelle étude. Le projet de navette souhaité depuis trois décennies est porté depuis 2022 par le Port de Havre-Saint-Pierre. Les analyses concluent que ce lien maritime répond à des besoins sociaux urgents et ouvre de nouvelles perspectives pour les deux régions.

Menée par la firme Aviseo, l’étude économique révèle que la navette opérée par un partenaire privé générera des revenus fiscaux annuellement pour le gouvernement du Québec de plus de 12,5 M$, soit presque le double du déficit d’opération anticipé. La dépense touristique supplémentaire liée à la navette est évaluée à 11,4 M$.

Bon pour l’île et les deux rives

« Autrement dit, la navette s’autofinancerait en grande partie par les retombées qu’elle générerait. L’étude démontre non seulement la viabilité budgétaire du projet, mais sa nécessité », conclut le préfet de la MRC de la Côte-de-Gaspé, Daniel Côté.

« Maintenant que nous avons des données qui confirment que notre idée est viable et porteuse, il faut susciter l’adhésion de l’ensemble de la communauté. Pour les insulaires, la future navette implique des changements importants », affirme la mairesse Hélène Boulanger.

L’étude a été présentée aux acteurs gouvernementaux, dont la ministre de la Famille et ministre responsable de la région de la Côte-Nord, Kateri Champagne-Jourdain.

« Les études sont claires : la navette Minganie–Gaspésie via Anticosti est un projet structurant, réaliste et rentable socialement. Nous avons en main une solution gagnante qui nous donnera enfin l’occasion de concrétiser une vision portée depuis plus de 30 ans par les citoyens des deux rives du Saint-Laurent », affirme la directrice générale du Port de Havre-Saint-Pierre, Odessa Thériault.