SNAP Québec s’inquiète d’une gestion des titres miniers au détriment des projets d’aires protégées, notamment sur la Côte-Nord

Jean St-Pierre | 13 mai 2026 | 23:45
SNAP Québec dénonce le blocage de propositions d’aires protégées en raison de droits exclusifs d’exploration, dont la très forte majorité ne mènera à aucun projet minier. (photo snapquebec.org)

La Société pour la nature et les parcs s’inquiète de voir la multitude de claims spéculatifs compromettre des projets d’aires protégées portés par les communautés locales, notamment sur la Côte-Nord. SNAP Québec donne l’exemple du projet Pakatakan, porté par une organisation innue, qui vise la protection du caribou sur cinq sites entre Maliotenam et la rivière George.

Des secteurs couverts de claims miniers sur les sites du projet d’aire protégée Pakatakan pourrait être exclus, mettant ainsi en péril la protection de chemins de portage patrimoniaux, de sites naturels sacrés et d’habitats d’espèces en péril, craint la SNAP.

Elle donne aussi en exemple le cas en Abitibi du Plan de protection de la culture et d’Atik (caribou) de la Première Nation Abitibiwinni. Les zones de protection proposées dans ce plan sont presque entièrement couvertes par des titres miniers, dont des centaines de kilomètres carrés de titres émis dans la dernière année seulement.

Rapport sur le développement durable

L’organisme reprend les conclusions de la Commissaire au développement durable. Dans son récent rapport, la commissaire souligne les nombreuses lacunes dans la gestion de terres publiques du ministère des Ressources naturelles et des Forêts.

Selon la commission développement durable, le ministère n’agit pas de façon à favoriser l’acceptabilité sociale des activités d’exploration minière, faisant souvent fi des préoccupations environnementales des collectivités. 

« Alors que le Québec s’est engagé dans son Plan nature 2030 à mettre en œuvre un aménagement du territoire intégré et respectueux de la biodiversité, le MRNF s’illustre à nouveau comme un mauvais joueur en matière de protection des milieux naturels », déplore le biologiste et directeur général de la SNAP Québec Alain Branchaud. 

L’organisme demande au gouvernement de confier la gestion du territoire public au ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, afin que le Québec puisse respecter ses engagements en matière de conservation de la biodiversité et mettre enfin un terme à l’opposition stérile entre économie et nature. 

Projets miniers qui n’aboutissement pas

La Commissaire constate également que les lacunes du MRNF dans la gestion des titres miniers existants nuisent à l’harmonisation des autres usages du territoire. SNAP Québec dénonce d’ailleurs depuis plusieurs années le blocage de propositions d’aires protégées en raison de droits exclusifs d’exploration, dont la très forte majorité ne mènera à aucun projet minier.

« La pression monte dans plusieurs régions du Québec alors que des centaines de projets sont présentement en phase de concertation régionale dans le cadre de l’Appel à projets d’aires protégées lancé par le gouvernement en 2024. Le gouvernement du Québec doit clarifier la situation afin d’éviter que les acteurs régionaux et les groupes portant des propositions d’aires protégées soient maintenus dans l’incertitude », conclut SNAP-Québec.