Articles récents
Articles récents
Le sport pour garder les jeunes Autochtones sur les bancs d’école
Les jeunes du programme Atanukan de l’école secondaire Manikanetish de Uashat cumulent déjà quelques médailles aux Jeux interscolaires du Conseil en éducation des Premières Nations qui se poursuivent jusqu’à dimanche. (Photo Facebook Atanukan ITUM) Quelque 1200 jeunes sportifs autochtones, dont plusieurs Innus de la Côte-Nord, se donnent rendez-vous au PEPS, cette fin de semaine, pour les 18e Jeux interscolaires du Conseil en éducation des Premières Nations (CEPN). Au-delà des performances, l’organisation veut insuffler aux participants une bonne dose de motivation scolaire.
Le coup d’envoi des compétitions est tout juste donné, jeudi matin, lors de la visite du Soleil, et, déjà, le campus de l’Université Laval vibre au rythme des différentes épreuves. Vêtus aux couleurs de leur délégation, des dizaines de jeunes de 10 à 18 ans circulent dans les couloirs du PEPS, dans l’attente de leur prochaine joute.
À l’horaire pour les prochains jours: basketball, hockey cosom, volleyball, athlétisme, course en sentier ainsi que le défi des ancêtres, une épreuve de course à obstacles développée sur mesure pour l’événement.
«Mon rôle le plus grand, c’est de m’assurer que les gens débarquent ici, passent du bon temps et aient le goût de revenir et d’amener encore plus de jeunes», résume l’organisateur du rendez-vous sportif, David Gill, rencontré en marge des festivités d’ouverture des Jeux.
Pour le sportif originaire de Mashteuiatsh, qui a lui-même participé aux Jeux interscolaires dès l’âge de 11 ans, l’événement annuel permet bien plus que la promotion du sport et des bonnes habitudes de vie. La préparation entreprise en amont par les participants instaure un cadre dans la vie des jeunes sportifs, en plus de les motiver au quotidien.
«Pour des jeunes des Premières Nations, c’est vraiment important parce que c’est ce qui leur donne hâte à demain ou bien qui leur donne le goût d’attendre pour faire des niaiseries», note-t-il, alors qu’une partie de basketball bat son plein dans le gymnase.
«Les jeunes représentent leur communauté, leur nation, mais ils représentent aussi leur école et quand tu représentes ton école, ça vient avec un sentiment d’appartenance et ça, c’est vraiment important.»
Bouger pour freiner l’absentéisme
«Dans certaines communautés reculées», l’absentéisme en milieu scolaire représente un défi important. «C’est probablement le fléau numéro un», tranche David Gill. «Il y a certains jeunes que, s’ils viennent à l’école une fois par semaine, c’est une victoire.»
Mais l’organisateur, accompagné des quelque 36 chefs de mission, compte bien inverser la tendance en utilisant les Jeux interscolaires comme une «source de motivation». Pour prendre part aux compétitions, certains élèves augmentent leur présence en classe et améliorent leurs résultats scolaires, témoigne Floriant Dubé, chef de mission pour la délégation de l’école secondaire Otapi, à Manawan.
Depuis les balbutiements de l’événement, il y a 18 ans, l’enseignant est fidèle au poste et encourage les jeunes de sa communauté à faire de même. Cette année, des 250 élèves inscrits dans l’établissement secondaire de la communauté atikamekw, plus du tiers ont fait la route jusqu’à Québec pour se mesurer aux compétiteurs d’autres communautés.
«C’est le fun. On travaille beaucoup», plaisante Floriant Dubé, qui jongle entre son rôle de chef de mission, l’accompagnement de deux équipes de hockey scolaire et son poste de professeur d’éducation physique.
«Ça vaut la peine», tranche-t-il.
«Une grosse marche» à franchir
En plus de semer une graine de motivation chez certains sportifs, les Jeux interscolaires du CEPN permettent aux participants de faire leurs premiers pas dans un environnement universitaire, souligne David Gill.
Pour plusieurs d’entre eux, les études postsecondaires peuvent représenter «une grosse marche» ― un pas que leur passage au PEPS peut toutefois contribuer à rendre plus accessible.
«Pendant les Jeux interscolaires, beaucoup de participants habitent dans les résidences, vivent le campus et réalisent que, finalement, ce n’est pas si épeurant que ça», se réjouit l’organisateur.
Les Jeux interscolaires du Conseil en éducation des Premières Nations (CEPN) se poursuivent jusqu’à dimanche au PEPS de l’Université Laval.
Par Gabrielle Cantin, Initiative de journalisme local, Le Soleil