Une enquête fédérale confirme les arguments d’Action-Chômage Côte-Nord pour une réforme de l’assurance-emploi
Action-Chômage Côte-Nord milite pour une réforme de l’assurance-emploi. Voilà qu’une commission fédérale lui donne raison.(Photo Facebook) Deux enquêteurs du Bureau du Commissaire aux travailleurs de la Commission de l’assurance-emploi du Canada brossent un portrait conforme aux revendications mises de l’avant par Action-Chômage Côte-Nord. Ils recommandent une réforme du programme d’assurance-emploi, pour mieux soutenir les travailleurs des industries saisonnières dans les communautés rurales.
La Commission a délégué au printemps deux personnes pour documenter l’évolution de la situation, depuis 2016, afin de formuler des recommandations. Le rapport des commissaires-enquêteurs déposé fin avril 2026 reprend presque mot pour mot les arguments formulés par Action-Chômage au cours des dernières années, constate l’organisme de la Côte-Nord.
Études sur le terrain
Les enquêteurs ont concentré leurs efforts sur les régions de la Haute-Côte-Nord, de la Pointe de la Gaspésie et de la Péninsule acadienne. Dans les communautés visitées, les possibilités d’emploi varient selon les saisons alors que les économies reposent souvent sur des activités comme la pêche, la transformation du poisson, le tourisme et la foresterie.
Les critères d’accès et les bénéfices de l’assurance-emploi ne reflètent plus les réalités locales de l’emploi, concèdent les commissaires. Le risque d’un long « trou noir » sans revenu est amplifié par le ralentissement économique et le climat. Plusieurs travailleurs voient leurs heures diminuer en raison de facteurs tels les feux de forêt et les réductions de quotas.
La diminution de l’accès et du soutien affecte travailleurs et employeurs, reconnaît le Bureau du Commissaire aux travailleurs de la Commission de l’assurance-emploi du Canada. Plusieurs travailleurs de l’industrie saisonnière affirment que l’incertitude grandissante représente une source d’insécurité financière, à tel point que plusieurs songent à quitter la région ou à changer d’emploi.
Le rapport disponible auprès d’Action-Chômage Côte-Nord effectue une vingtaine de recommandations. Il propose de réviser les critères d’accès, la durée et le montant des prestations. Il suggère de rendre permanent le projet pilote des semaines additionnelles et bonifier le soutien offert. Il est donc recommandé de prolonger la période de prestations selon les réalités régionales.
« Le fédéral placé devant l’évidence »
Les enquêteurs admettent que le programme est devenu trop complexe. Les règles entourant le calcul des prestations, les départs volontaires, l’accès au projet pilote et le travail durant les prestations, sont trop rébarbatives.
« Aujourd’hui, le fédéral est placé devant des évidences vérifiées par une enquête effectuée par des représentants de son propre appareil gouvernemental et inscrits dans un rapport officiel, dit la directrice générale d’Action-Chômage Côte-Nord Line Sirois.
« Et si ces évidences ne lui sautent pas aux yeux, nous serons là pour lui rappeler qu’elles existent. Grâce à ce rapport, il est maintenant permis d’entrevoir l’adoption de solutions concrètes aux lacunes du régime actuel d’assurance-emploi ainsi qu’au problème du « trou noir » dans les régions éloignées à forte activité saisonnière », conclut-elle