Rapport sur la pauvreté au Canada | Le cercle des appuis s’élargit pour Action-Chômage Côte-Nord

Jean St-Pierre | 1 juillet 2026 | 14:57
La directrice d'Action Chômage Côte-Nord Line Sirois constate que de plus en plus d’organismes à travers tout le Canada constate qu’il est temps de mettre fin au trou noir de revenu pour les travailleurs saisonniers par une réforme de l'assurance-emploi. (Photo Courtoisie)

L’organisme Banques alimentaires Canada a publié récemment un rapport portant sur la pauvreté au pays. On y dénonce notamment l’inadéquation entre le système d’assurance-emploi et l’actuel marché du travail.

Selon la directrice générale d’Action-Chômage Côte-Nord Line Sirois, « de plus en plus d’organismes et associations à caractère social et communautaire à travers tout le Canada, affirment haut et fort, qu’il est grand temps d’entreprendre une réforme en profondeur du régime d’assurance-emploi. »

Dans son rapport, la directrice générale de BAC, Kirstin Beardsley, affirme que les critères d’admissibilité à l’assurance-emploi sont au cœur du problème, car ils exigent des travailleurs qu’ils accumulent un nombre déterminé d’heures assurables dans un délai fixe.

Selon elle, le système d’assurance-emploi désuet représente l’une des plus grandes menaces pour la résilience du Canada, alors que le chômage demeure élevé et que les ménages peinent à suivre le rythme du coût de la vie.

Un programme qui date de l’après-guerre

« Le programme d’assurance-emploi du Canada a été conçu pour un marché du travail d’après-guerre, explique Line Sirois. Ce modèle ne reflète plus la façon dont les choses fonctionnent. »

Au fil du temps, le marché s’est orienté vers le travail à temps partiel, temporaire et contractuel, tandis que l’assurance-emploi ne s’adresse qu’à une main-d’œuvre de plus en plus réduite, qui occupe un emploi stable à temps plein chez un seul employeur.

« Par conséquent, le programme couvre maintenant une proportion réduite de travailleurs et est de plus en plus hors de portée pour les personnes qui occupent des emplois plus précaires, ce qui a des répercussions disproportionnées sur les travailleurs de l’industrie saisonnière, les jeunes, les personnes handicapées… », constate Madame Sirois.

Moderniser le régime

Le rapport de Banque Alimentaire du Canada conclut que le pays a besoin « d’une assurance-emploi moderne pour la main-d’œuvre d’aujourd’hui ». Il présente une analyse détaillée de l’état de la pauvreté dans chacune des provinces.

Selon ce document, les réformes devraient notamment permettre d’élargir l’accès au régime en établissant un seuil national uniforme d’admissibilité de 420 heures et en instaurant un modèle hybride d’heures et de semaines pour mieux tenir compte des horaires de travail à temps partiel, saisonniers et irréguliers.

On propose aussi d’instaurer un seuil minimal de prestations hebdomadaires et de protéger l’accès aux prestations tout au long des événements de la vie

« Avec les récentes publications de deux autres rapports produits eux aussi par des organismes fédéraux soit le Bureau du Commissaire aux travailleurs de la Commission de l’assurance-emploi du Canada et le Comité permanent des ressources humaines et de la condition des personnes handicapées, on constate que le cercle autour des revendications traditionnelles d’Action-Chômage Côte-Nord s’élargit de plus en plus au Canada. »