« Le temps des études est terminé, le Québec doit maintenant s’engager à construire le pont sur le Saguenay »

Jean St-Pierre | 9 juillet 2026 | 15:33
Le Chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador Francis Verreault-Paul, le président d’Union 138 et le chef des Innus Essipit Martin Dufour en conférence de presse à Québec ce jeudi 9 juillet 2026. (Photo Capture écran)

Lors d’un point de presse dans la Capitale nationale ce jeudi, la Coalition Union 138 et les Premières Nations innues ont lancé un message clair à l’ensemble des partis politiques québécois : le pont sur le Saguenay n’est plus un projet à étudier, mais un engagement à prendre.

Les Innus et la Côte-Nord jugent qu’après plus de 100 ans de discussions, une motion adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale, la réalisation d’une étude d’opportunité et un consensus régional sans précédent, le débat n’est plus de savoir si le Québec a besoin d’un pont. La seule question qui demeure est la suivante : Quel gouvernement aura le courage politique de le réaliser?

Un enjeu qui dépasse la Côte-Nord

L’économie du XXIe siècle ne peut pas se bâtir avec des infrastructures du siècle dernier. Les études confirment la nécessité du pont et pas juste pour la mobilité, mais bien pour le développement de notre avenir collectif au Québec, selon Union 138.

Le pont sur le Saguenay n’est pas une revendication régionale. Il est devenu un enjeu national de mobilité, de sécurité, de résilience des infrastructures, de développement économique et d’équité territoriale.

Le Québec affirme vouloir devenir un chef de file mondial des minéraux critiques, de l’aluminium vert, de l’hydrogène, de la transition énergétique, de la foresterie durable et du tourisme. Pourtant, l’une des régions qui contribuent le plus à ces ambitions demeure encore dépendante d’un traversier pour assurer sa principale liaison routière.

Les études d’opportunité identifient également le corridor C comme la solution offrant les meilleurs avantages parmi les scénarios analysés. Ces études démontrent notamment que le statu quo représente la perte d’occasions économiques perdues.

« Mamu – Un pont entre nous »

Pour la Coalition, la mobilisation d’aujourd’hui rassemble les communautés de la Nation Innue et les collectivités non autochtones autour d’une vision commune. Sous le thème « Mamu – Un pont entre nous », les partenaires rappellent que les peuples innus et les communautés de la Côte-Nord travaillent déjà ensemble pour le développement de leur territoire. Le gouvernement du Québec doit maintenant faire sa part.

« Ce pont représente bien plus qu’une infrastructure. Il symbolise notre volonté commune de relier les peuples, de renforcer notre sécurité, notre économie et notre avenir. Aujourd’hui, nous démontrons que les Innus et les communautés de la Côte-Nord parlent d’une seule voix », explique le chef des Innus Essipit Martin Dufour.

À quelques mois des élections générales, la Coalition Union 138 demande à tous les partis politiques d’inscrire le pont sur le Saguenay dans leur plateforme électorale. Elle réclame aussi des engagements pour un échéancier de réalisation.

« Le débat est terminé. Les études sont faites. Les partis politiques ont reconnu unanimement que la Côte-Nord est enclavée et que le pont est nécessaire. Il est maintenant temps de transformer ce consensus en engagement », affirme le porte-parole de la Coalition Union 138 Guillaume Tremblay.

La cause bénéficie du support de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador. « Ce pont est nécessaire parce qu’il relie plus que deux rives : il relie des communautés, des territoires, des cultures et une vision commune de l’avenir », conclut Chef Francis Verreault-Paul, Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador.