Les produits de la mer de la Côte-Nord et du Saint-Laurent menacés par la guerre tarifaire avec les États-Unis
Membre de l’AQIP, l’usine de produits marins UMEK à Sept-Îles a investi dans la modernisation et la création de vivier à homard. (Photo Jean St-Pierre, Macotenord.com) Épargné par la première vague de tarifs du gouvernement Trump, l’industrie québécoise de la pêche se sent menacée par l’escalade de tarif et contre-mesures tarifaires. Crabe des neiges et homard qui fournissent des centaines d’emplois en mer et en usine sur la Côte-Nord se retrouvent sur la liste des produits touchés à partir du 8 septembre.
L’Association québécoise de l’industrie de la pêche (AQIP) prend acte des nouvelles contre-mesures tarifaires annoncées par le gouvernement du Canada en réponse aux récentes mesures commerciales adoptées par les États-Unis. Ces contre-mesures prévoient notamment l’imposition d’une surtaxe de 25 % sur une vaste gamme de poissons, crustacés et mollusques importés des États-Unis à compter du 8 septembre prochain.
L’AQIP analyse les impacts des nouvelles contre-mesures. Selon les documents rendus publics par le gouvernement du Canada, les produits visés comprennent notamment le homard, le crabe, la crevette, le flétan, les pétoncles, les huîtres ainsi que plusieurs autres espèces de poissons et de produits marins.
Pas encore de surtaxe, mais…
Les répercussions pourraient varier d’une entreprise à l’autre selon les marchés desservis, les chaînes d’approvisionnement utilisées et le degré de dépendance à certains intrants provenant des États-Unis.
Parallèlement, les vérifications effectuées par l’AQIP indiquent que les principaux produits de la mer canadiens classés au chapitre 03 du Système harmonisé, notamment le homard, le crabe des neiges, la crevette nordique ne figurent pas parmi les marchandises assujetties aux nouvelles surtaxes américaines de 50% annoncées par l’administration américaine. Les documents publiés par la Maison-Blanche précisent d’ailleurs que les produits du poisson sont exclus de ces nouvelles mesures.
Bien que cette situation puisse contribuer à maintenir l’accès des principaux produits marins québécois au marché américain, l’AQIP demeure prudente quant à l’évolution du contexte commercial nord-américain. D’autres développements pourraient survenir au cours des prochaines semaines avec une reprise des négociations entre les gouvernements canadien et américain.
Impacts réels inconnus
« L’industrie de la transformation des produits marins évolue dans un environnement fortement intégré à l’échelle nord-américaine. L’AQIP suivra attentivement l’évolution de la situation afin d’évaluer les impacts réels pour ses membres et de s’assurer que les intérêts de l’industrie québécoise soient adéquatement pris en compte », a déclaré le directeur général de l’AQIP Serge Fortin.
L’Association poursuivra ses échanges avec les gouvernements, ses membres et ses partenaires afin d’analyser les conséquences de ces nouvelles mesures, d’identifier les enjeux qui pourraient affecter les entreprises de transformation et de suivre l’évolution des discussions commerciales entre le Canada et les États-Unis.