Du progrès dans la production de carburant d’aviation durable au Complexe forestier de Port-Cartier
Coentreprise formée de Bioénergie AE Côte-Nord et Alder Renewables, ARC Bio développe son propre procédé pour produire du biocarburant à Port-Cartier. (Photo Courtoisie) Grâce au soutien financier de Boeing, le projet pilote de produire à Port-Cartier du biogaz à faible teneur en carbone pour les avions et les bateaux avance bien. Le procédé montre comment convertir des résidus de l’industrie forestière en carburant.
Le promoteur ARC Bio a annoncé hier la réussite d’une démonstration à l’échelle pilote du co-traitement en raffinerie. L’entreprise développe son propre procédé en utilisant des infrastructures existantes à Port-Cartier. ARC Bio est une coentreprise formée de Bioénergie AE Cote-Nord et Alder Renewables,
Coentreprise en énergie propre
Bioénergie AECN prétend exploiter à Port-Cartier, la plus grande installation de bio-huile de pyrolyse rapide en Amérique du Nord utilisant des résidus de bois comme matière première. L’installation de Port-Cartier a une capacité de production annuelle de 40 millions de litres de bio-huile.
Alder Renewables développe des technologies de valorisation permettant de transformer la bio-huile de pyrolyse rapide en bio-brut prêt à être traité en raffinerie, en vue de la production en aval de carburants à faible teneur en carbone et d’autres produits industriels.
ARC Bio construit une filière canadienne de valorisation des résidus forestiers pour la production de carburant d’aviation durable. Elle réunit l’industrie canadienne des produits forestiers, la technologie des carburants renouvelables et l’infrastructure de raffinage existante pour montrer comment la biomasse ligneuse résiduelle peut être convertie en un biobrut prêt à être traité en raffinerie, parallèlement aux matières premières conventionnelles, pour produire des carburants destinés au transport aérien et maritime.
« Le Canada dispose des matières premières issues de la biomasse, de l’expertise du secteur forestier, des capacités industrielles et de l’infrastructure de raffinage nécessaire à la construction d’une importante nouvelle chaîne de valeur des combustibles propres », a déclaré Serge Mercier.
Produire des barils de carburants
Dans le cadre du projet, la bio-huile de pyrolyse rapide produite à partir de résidus forestiers canadiens par Bioénergie AECN à Port-Cartier a été valorisée pour produire de l’Alder Renewable Crude (ARC) en quantités à l’échelle du baril de pétrole.
Ce biobrut a ensuite été traité dans une unité pilote de craquage catalytique fluide, ou CCF, simulant les opérations d’une raffinerie commerciale. L’analyse au carbone 14 des carburants obtenus a confirmé la présence de carbone biogénique provenant de la matière première dérivée des résidus de bois.
La campagne de traitement a permis de produire avec succès une fraction de carburant de la gamme du kérosène, qui a été isolée et évaluée pour déterminer sa compatibilité pour le mélange avec du CAD.
Le mélange de CAD obtenu satisfait aux principales spécifications de propriétés des carburants évaluées dans le cadre du contrôle selon la norme ASTM D1655. Les travaux représentent une étape importante pour démontrer que le biobrut produit à partir de résidus forestiers canadiens peut être intégré aux infrastructures de raffinage existantes et transformé en carburants finis destinés au transport.
« L’importance de cette démonstration ne réside pas seulement dans le fait que nous avons produit un carburant renouvelable de la gamme du kérosène », a déclaré Derek Vardon, PDG d’Alder Renewables.
Prochaines étapes
« Nous avons démontré une filière reliant les résidus forestiers canadiens à des infrastructures de raffinage déjà exploitées à l’échelle commerciale. Cela ouvre la voie à une solution évolutive et nécessitant relativement peu de capitaux pour intégrer le carbone renouvelable issu des ressources forestières aux marchés des carburants d’aviation. »
Grâce au soutien financier de Boeing, le projet a été mis sur pied pour valider la conversion des résidus forestiers en CAD au Canada et générer les données techniques et économiques nécessaires pour soutenir les futures installations à l’échelle commerciale.
L’industrie forestière canadienne génère d’importants volumes de résidus de bois. Les marchés traditionnels sont confrontés à l’évolution de la demande et aux pressions exercées par le commerce international. La création de débouchés à plus forte valeur pour ces résidus peut renforcer la situation économique du secteur forestier tout en fournissant du carbone renouvelable à des industries où la décarbonation est particulièrement difficile.
Le projet démontre également des possibilités de créer de la valeur à partir de la biomasse ligneuse de faible valeur, y compris les résidus générés par l’exploitation forestière et la réduction des risques de feux de forêt.
En transformant ces matières en un biobrut à haute densité énergétique et facilement transportable, ARC Bio développe un modèle permettant de relier des ressources forestières réparties sur le territoire aux infrastructures de raffinage de carburants à grande échelle.
Contrairement aux filières nécessitant la construction d’une toute nouvelle raffinerie de carburants autonome, l’approche d’ARC Bio est conçue pour s’intégrer aux activités de raffinage existantes. La prochaine étape du programme consistera à générer des données supplémentaires pertinentes pour le raffinage afin de soutenir des essais à plus grande échelle.
La feuille de route d’ARC Bio vise ultimement à permettre la réalisation d’un premier projet commercial canadien combinant la conversion de résidus forestiers, la production de biobrut et l’intégration aux infrastructures de raffinage.