La Corpo de l’environnement de Sept-Îles documente les écosystèmes sur 440 hectares à Île Grande Basque

Jean St-Pierre | 4 novembre 2026 | 13:15
(Photo Île Grande Basque Tourisme Sept-Îles)

La Corporation de protection de l’environnement de Sept-Îles a réalisé cet été une caractérisation écologique de l’île Grande Basque. En documentant ces habitats, l’organisme met à la disposition de la communauté et des gestionnaires du territoire des connaissances concrètes pour orienter les interventions favorisant une fréquentation durable de l’île.

La CPESI a ainsi documenté 440 hectares pour mieux protéger le patrimoine naturel dans l’Archipel des Sept-Îles. L’initiative est fidèle à la mission de la corporation d’engager les collectivités dans l’adoption d’un mode de vie écoresponsable et respectueux de la biodiversité.

Des observations intéressantes

Grâce à 26 zones survolées et à plus de 6000 photos aériennes, l’équipe a cartographié 11 types d’écosystèmes sur les 440 hectares de l’île. Trois d’entre eux occupent à eux seuls 91.8% du territoire : la forêt boréale, la forêt boréale clairsemée et les sommets rocheux. Marais salé, plages et prairie complètent cette mosaïque, sur quelques kilomètres de sentiers seulement.

Les vols de drone ont révélé que près du tier des forêts de l’île sont blanchies, majoritairement à cause de la tordeuse des bourgeons de l’épinette, qui s’attaque surtout au sapin baumier. La forêt n’est toutefois pas perdue : le bouleau blanc et l’épinette noire, plus résistants, s’y mêlent aux sapins.

On observe aussi qu’environ 80% des sentiers reposent sur le sol naturel, un terrain plus sensible au piétinement. L’érosion grignote les plages.

La Corpo de l’environnement suggère de planter de l’élyme des sables pour protéger des infrastructures de camping. C’est Tourisme Sept-Îles qui est gestionnaire de l’île et qui évaluera les recommandations de la Corpo de l’environnement.

Un milieu naturel bien vivant

L’inventaire floristique a permis de consigner 102 espèces végétales, dont 9 espèces qui n’avaient pas été recensées lors du précédent inventaire, réalisé en 2005. Du côté de la faune, 26 espèces d’oiseaux ont été identifiées par leur chant et 8 autres espèces animales à partir de photographies.

« On a parcouru l’île sentier par sentier, puis on l’a survolée pour voir ce qu’on ne voit pas à pied. Entre les arbres blanchis par la tordeuse et les berges qui reculent, on sait maintenant où agir en priorité. L’île a beaucoup à protéger », constate le chargé de projet Chad Rice.

Les connaissances acquises serviront à suivre l’évolution du littoral grâce à des relevés aériens répétés, à préciser et prioriser les plantations d’élyme des sables, et à sensibiliser les visiteurs aux pratiques respectueuses des milieux naturels.

Le projet a bénéficié du soutien de partenaires engagés, dont la Fondation pour la biodiversité et la faune du Québec et la Société du Plan Nord dans le cadre du Plan d’action nordique.