Action-Chômage Côte-Nord demande à des ministres d’intervenir pour réduire les délais d’attente

La directrice d'Action Chômage Côte-Nord Line Sirois affiche encore sa déception devant des délais à l'assurance-emploi. (photo Courtoisie)

Les délais d’attente n’en finissent plus chez Service Canada. «Il est temps d’intervenir mesdames les ministres», clame la directrice Line Sirois.

Elle interpelle ainsi les ministres fédérales Carla Qualtrough et Karina Gould, responsable de l’Emploi, du Développement de la main-d’œuvre, ainsi que de la Famille, des Enfants et du Développement social.

Avec un taux de chômage historiquement bas et le plein emploi dans l’industrie saisonnière en raison de la saison estivale qui bat son plein, la directrice générale d’Action-Chômage Côte-Nord, Line Sirois, s’explique mal les délais d’attente chez Service Canada. «En plus d’être inacceptables, ils sont inexplicables!»

Que va-t-il arriver cet automne lorsque les travailleurs de l’industrie saisonnière vont faire leur demande d’assurance-emploi tous en même temps?, se questionne Mme Sirois. Selon les informations obtenues par Action-Chômage Côte-Nord, 14 000 dossiers ont passé le cap des 38 jours d’attente pour un total de 50 000 dossiers ayant dépassé les délais de 28 jours.

Catastrophe économique à l’horizon

La mesure temporaire établissant le seuil d’éligibilité à 420 heures mise en place en raison de la pandémie prendra fin le 24 septembre. On reviendra ensuite aux anciennes règles du programme. Les travailleurs devront cumuler plus d’heures pour être admissibles à l’assurance-emploi.

Pour le secteur ouest de la Côte-Nord, avec le taux de chômage actuel qui se situe à 4.6%, les travailleurs auront besoin de 700 heures pour obtenir 14 semaines de prestation. En Basse-Côte-Nord et en Minganie, ce sont 595 heures que les travailleurs devront avoir cumulé pour obtenir 20 semaines de prestations si le taux de chômage demeure à 9.5%.

Pour Line Sirois, la situation ne fait aucun doute: de nombreux travailleurs de l’industrie saisonnière n’auront pas cumulé suffisamment d’heures.

«Au problème du Trou noir va maintenant s’ajouter l’impossibilité pour de nombreux travailleurs de se qualifier à l’assurance-emploi? Mais cela ne fait aucun sens!»

Action-Chômage Côte-Nord a transmis une lettre le 2 août à la ministre Qualtrough afin d’exiger des actions concrètes pour éviter cette catastrophe annoncée. «Nous demandons que la mesure temporaire du 420 heures devienne permanente, et qu’elle donne accès à 35 semaines de prestations. Cette mesure a fait ses preuves lors de la pandémie.»