Assemblée générale des Métallos | le syndicat dénonce la précarité des emplois offerts aux immigrants

Le congrès annuel des Métallos a regroupé environ 500 représentants syndicaux à Sherbrooke, mercredi, jeudi et vendredi. (Photo Facebook Syndicat des Métallos)

Plusieurs Métallos de la Côte-Nord ont participé jusqu’à vendredi à la 59e assemblée annuelle du syndicat à Sherbrooke sur le thème « Alerte à la précarité ». Le regroupement a dénoncé l’explosion du nombre de travailleurs étrangers, alors que l’immigration permanente se veut très complexe.

La ministre de l’Emploi responsable de la Côte-Nord Kateri C. Jourdain et la députée de Manicouagan Marilène Gill ont pris la parole devant les 500 travailleurs métallos en congrès pendant trois jours.

Le syndicat en a profité pour sonner l’alarme quant au Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET), qui accueille maintenant 8 fois plus de gens qu’en 2017, avec des permis fermés les confinant à un seul employeur.

Travailleurs immigrants permanents

Le nombre de détenteurs de permis du PTET au Québec est passé de 7180 en 2017 à plus de 59 000 en juin dernier. Cette réalité n’est plus cantonnée au secteur agricole saisonnier, mais plusieurs entreprises syndiqués métallos des secteurs manufacturier, de l’alimentation, la transformation du crabe et du bois ou encore dans l’hôtellerie.

« On veut tout faire pour les défendre et faciliter leur participation pleine et entière à la vie syndicale. On constate toutefois que le programme entraîne une certaine précarité, alors que les permis de travail sont restreints à un seul employeur et que l’accès à l’immigration permanente est difficile. Ces personnes vivent souvent séparées de leurs familles et ont une compréhension limitée du français », constate le directeur québécois des Métallos, Dominic Lemieux.

Anciennement basé à Alma et Sept-Îles, le directeur québécois des Métallos, Dominic Lemieux connaît bien les régions. (Photo Facebook Syndicat des Métallos)

Le syndicat suggère une série de changements à apporter par les gouvernements pour améliorer les programmes en immigration afin d’empêcher une précarisation du marché du travail.

Les Métallos aimeraient que le recours au PTET devienne une solution temporaire pour les entreprises des régions du Québec affectées par la pénurie de main-d’œuvre. « On ne peut pas combler indéfiniment des besoins permanents avec des travailleurs étrangers temporaires. Québec devrait les inviter en premier à immigrer de façon permanente », ajoute Dominic Lemieux.

Solidarité avec le public
Après une semaine marquée par les grèves dans le secteur public, les Métallos ont voté hier une résolution d’appui au Front commun syndical. Les Métallos apportent un soutien sans équivoque aux travailleurs qui prennent soin de la population, éduquent les enfants et les jeunes, assurent le bon fonctionnement de notre société.

« Dans le privé, on négocie ces temps-ci des rattrapages importants pour contrer l’inflation et la pénurie de main-d’œuvre. Les employeurs savent bien que c’est dans leur intérêt s’ils veulent garder leur monde. Avec ses offres ridicules, le gouvernement risque d’accélérer l’exode vers le secteur privé », fait valoir le directeur québécois des Métallos, Dominic Lemieux.