Chemin de fer IOC | « La menace est immédiate en cas de tempête » à Sept-Îles

Rio Tinto IOC exporte des millions de tonnes de fer à partir de Sept-Îles chaque année. (photo Rio Tinto)

Par endroit, il ne reste que 5 à 6 mètres de terrain pour protéger le chemin de fer à cause de l’érosion. « Ça prend une ou deux grosses tempêtes et on pourrait avoir des difficultés opérationnelles », confirme le directeur Environnement de Rio Tinto IOC, Patrick Lauzière, qui souhaite réaliser un projet de recharge sur la plage.

C’est la tempête de novembre 2016 qui a accéléré le processus d’érosion de la plage devant le chemin des wagonniers à Sept-Îles. « Cette année-là, on a perdu jusqu’à 15 mètres par endroit en un seul événement », calcule le directeur Environnement de Rio Tinto IOC, Patrick Lauzière.

La situation est désormais critique pour les opérations d’IOC qui utilise ce chemin de fer pour transporter le minerai de fer par train sur 418 km entre Sept-Îles et Labrador City. 

La compagnie a déposé au début du mois un avis de projet au ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques afin de réaliser une recharge de sable à l’endroit où le chemin de fer longe le Saint-Laurent. 

Des discussions avant l’action

Le projet déposé par Rio Tinto IOC consiste à ajouter 121 000 mètres cubes de sable sur la longueur de 1,2 kilomètre de littoral. Mais il faudra d’abord obtenir l’acceptabilité sociale et du milieu. 

« Il y a beaucoup de parties prenantes avec lesquelles on va devoir discuter. C’est l’étape embryonnaire du projet car on vient de le présenter aux gouvernements provinciaux et fédéraux. » 

La compagnie minière doit aussi prendre l’avis de la MRC de Sept-Rivières, la Ville de Sept-Îles, le conseil de bandes ITUM et les groupes environnementaux. 

Même si le temps presse, la compagnie ne veut pas accélérer les étapes. Une consultation publique a aussi été lancée pour que la communauté puisse commenter l’avis de projet.

Pas avant 2025 

La compagnie va devoir retenir son souffle les prochaines années, espérant que dame nature ne se fâche pas, car les travaux ne se feront pas avant 2025, le temps de respecter toutes les procédures. 

La solution retenue, elle, ne fera que repousser le problème de quelques années « Ce n’est pas une solution permanente car l’érosion continuera de faire son travail. On devra procéder à d’autres recharges de sable dans le futur mais les autres solutions comme l’enrochement ou la relocalisation du chemin de fer ont été exclues », explique M. Lauzière.  

Le projet coûtera plusieurs millions de dollars. La compagnie ne prévoit toutefois pas faire des demandes de financements au gouvernement. « Ce n’est pas envisagé du tout de frapper aux portes des instances environnementales. »

Quel impact pour notre plage ?

Pendant les travaux, les 1,2 km concernés ne seront plus accessibles à la population qui ne pourra plus se rendre à l’épave. La compagnie assure cependant qu’une fois les travaux terminés la côte sera reprofilée comme avant ces 15 dernières années, elle sera donc toujours accessible.

Entrevue complète avec le directeur Environnement de Rio Tinto IOC, Patrick Lauzière