D’autres victimes se livrent sur les atrocités commises par le père Joveneau

Photo Courtoisie

La série documentaire Face au Diable de la Côte-Nord est diffusée à partir d’aujourd’hui sur la plateforme Vrai. Elle présente le père Alexis Joveneau, d’origine Belge et qui a opéré pendant plus de 40 ans au sein des communautés innues et blanches de la Basse-Côte-Nord sous son vrai visage, celui du pire prédateur qui ait pu exister au pays.

Les langues se sont déliées en cinq ans, depuis que quatre femmes ont osé prononcer le nom du prêtre Alexis Joveneau à Maliotenam lors de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, en dénonçant pour la première fois ses agissements. 

À cette époque, quand la journaliste Magalie Lapointe fouille dans les archives, elle ne trouve que des extraits qui évoquent le nom du prêtre Joveneau en bien, le présentant comme un héros de la Basse-Côte-Nord.

Débute alors un long travail de déconstruction pour faire la lumière sur la véritable image de l’homme d’église. Magalie Lapointe co-signe un premier livre en 2019, puis s’entoure de Jani Bellefleur-Kaltush et Michel Jean pour réaliser la série documentaire « Face au diable de la Côte-Nord ». 

Michel Jean, Magalie Lapointe et Jani Bellefleur-Kaltush (Photo courtoisie)

Combien de victimes ? 

Si plus d’une cinquantaine de plaintes ont déjà été déposées à l’encontre du père Joveneau, la réalité serait toute autre. Agressions sexuelles, emprise mentale, déportation, Alexis Joveneau a fait subir l’enfer à des centaines de Nord-Côtiers, de La Romaine jusqu’à Pakuashipi. « Peu importe qui tombait dans les main d’Alexis Joveneau, il pouvait devenir une proie. »

La loi du silence

Après cinq ans à enquêter, Magalie Lapointe constate que la loi du silence perdure. De nombreuses victimes ont emporté dans leur tombe le secret et d’autres sont encore en vie, mais ne parleront jamais…

C’est aussi la réalité de ces communautés là qui explique la loi du silence. Elles sont isolées, loin de tout, explique Magalie Lapointe. « Il faut comprendre que le père Joveneau avait une emprise sur tout. Sur le plan pécunier, sur l’éducation, sur la christianisation, sur l’éducation sexuelle. C’était l’homme de loi dans la région. Il a installé sa toile d’araignée pour contrôler un peuple pendant des décennies ».

Entrevue complète avec Magalie Lapointe, journaliste qui tente de déconstruire l’œuvre de Joveneau depuis 5 ans.
L’accès aux archives du Père Joveneau a été difficile (Photo Courtoisie)