Des mesures encore insuffisantes pour les travailleurs saisonniers de la Côte-Nord

La décision du gouvernement fédéral d’offrir quatre semaines de prestation d’assurance emploi-supplémentaires à certains travailleurs saisonniers reste inadaptée, injuste et décevante, selon le groupe Action Chômage Côte-Nord.

L’annonce effectuée lors de l’énoncé économique de la ministre Freeland ignore la réalité de l’industrie saisonnière de la région. L’organisme admet que le trou noir sans revenu en hiver sera un peu moins long pour quelques travailleurs saisonniers de la Côte-Nord, mais tous ne seront pas admissibles.

Tout un programme!

« Beaucoup de travailleurs vont être déçus, car ils ne rentrent pas dans les critères et n’y auront pas droit », analyse la directrice d’Action-Chômage Côte-Nord Line Sirois. Pour être admissible à ce programme, il faut : habiter l’une des 13 régions concernées, avoir fait sa demande d’assurance-emploi après le 10 septembre 2023, avoir un historique d’au moins 3 demandes de prestations au cours des 5 dernières années, dont au moins 2 autour de la même date que la demande actuelle.

« Comme d’habitude, le gouvernement a opté pour une solution à court terme pleine de complexités administratives », se désole Line Sirois. Elle pense à tous les travailleurs qui vivent des moments financiers difficiles et qui ne bénéficieront pas de ce programme.

« Ceux qui ont débuté leur chômage fin août, ceux qui n’ont pas pu se qualifier aux prestations, car ils n’ont pas cumulé 700 heures de travail, ou encore la relève, les jeunes employés de l’industrie saisonnière, qui n’ont pas assez d’années d’ancienneté. Ça fait pas mal de monde pénalisé!»

Des petits gains

Action-Chômage Côte-Nord demande une réforme permanente offrant une bonification de 15 semaines supplémentaires pour tous les travailleurs de l’industrie saisonnière. L’organisme réclame aussi que le critère de saisonnier se base sur l’emploi lui-même, et non sur le parcours et l’historique de chaque personne.

Il souligne tout de même une avancée positive dans le domaine de l’assurance-emploi pour les parents adoptifs. Ils bénéficieront désormais des 15 semaines de prestations de maternité au moment de l’adoption. Autre petite victoire, le gouvernement semble avoir enfin pris conscience des dysfonctionnements de l’assurance-emploi et des « anomalies des taux de chômage régionaux. »

« Le gouvernement a compris le problème, malheureusement il n’a pas compris comment le résoudre », martèle Line Sirois. Elle invite le ministre Boissonnault à venir sur la Côte-Nord pour comprendre la réalité et entendre les solutions du milieu.