Horaires de vols chaotiques l Une Port-Cartoise doit passer la moitié de sa semaine à Québec pour suivre des traitements

Mélanie Jean (Photo Courtoisie)

Mélanie Jean se sent abandonnée par le système. Elle lance un cri du cœur au gouvernement pour mettre fin à son calvaire en raison des prix et des horaires des vols qui compliquent ses soins. 

Depuis la pandémie tout a basculé pour Mélanie Jean, une Port-Cartoise de 40 ans qui tente de mener une vie normale malgré sa maladie. « La pandémie dure depuis 2 ans et demi, je suis épuisée et aujourd’hui on m’annonce que cela va être pire ».

Le CISSS qui lui réserve ses vols lui impose une seule compagnie aérienne pour ses voyages médicaux. Mélanie n’a plus le choix. Elle doit passer trois jours à Québec pour un traitement qui dure seulement trois heures.

« Aujourd’hui j’ai appris qu’on me payerait mes vols seulement si je voyage avec la compagnie Air Liaison ». Il n’y a pas de vol de cette compagnie les mercredis, jour du traitement de Mélanie. « Je vais devoir partir le mardi et revenir le jeudi, donc perdre trois jours toutes les deux semaines. » déplore-t-elle. 

Mélanie Jean est atteinte d’hypercholestérolémie familiale, une maladie héréditaire. Diagnostiquée depuis qu’elle a l’âge de deux ans, elle doit subir des dialyses deux fois par mois à Québec pour filtrer son sang afin de maintenir son état de santé. 600 kilomètres séparent son domicile de son lieu de soin où elle doit se rendre toutes les deux semaines. Avant la pandémie, elle avait trouvé un équilibre grâce aux vols d’Air Canada. « Je partais le matin depuis l’aéroport de Sept-Îles pour suivre mon traitement en fin de matinée puis je rentrais à Sept-Îles l’après-midi. »

La liaison a été interrompue avec la pandémie : « Je me suis adaptée pendant des mois. On devait faire le trajet en voiture sans s’arrêter car tout était fermé. Mon traitement est lourd, ce n’était vraiment pas l’idéal ». 

Depuis la première vague, les liaisons ont repris mais les horaires se compliquent. À ce jour, la seule compagnie qui permet à Mélanie de faire l’aller retour sur deux jours avec une nuit à l’hôtel est PAL. Jusqu’à son plus récent traitement, le CISSS lui payait les vols de cette compagnie mais refuse désormais de le faire invoquant les coûts trop élevés des vols. 

Se ruiner pour se soigner 

Pendant les journées à Québec, Mélanie ne peut pas travailler et tous les coûts ne lui sont pas remboursés « je reçois 50 dollars par nuit à l’hôtel et entre 3 et 4 dollars par repas ce qui ne représente pas la réalité. Avec 4 dollars, on paye à peine un café… » constate Mélanie.

L’excuse de la pandémie a trop duré.

Mélanie Jean aimerait que la Côte-Nord ait enfin une desserte aérienne digne de ce nom pour tous ceux qui, comme elle, en ont besoin pour leur santé. 

Pour elle, l’excuse de la pandémie a trop duré. Les vols sont souvent pleins preuve que la demande est là. « Les avions sont remplis. À toutes les fois on est tassés, j’peux pas croire que c’est un problème de rentabilité. »

Je ne veux pas déménager, j’ai le Saint-Laurent qui coule dans mes veines 

Mélanie Jean

Mélanie Jean ne veut pas que sa seule solution soit le déménagement. Toute sa vie est sur la Côte-Nord.