Il n’y a pas que le boycott du crabe russe qui fait exploser le prix en poissonnerie

À Sept-Îles même si le crabe des neiges débarque à la tonne à quelques mètres des poissonneries, le prix est fixé à Boston.

Le crabe d’Alaska exploité par les Russes est le compétiteur direct de son cousin le crabe des neiges du Saint-Laurent depuis des décennies sur le marché international, dont le prix est fixé à Boston. Le boycott de la production des crabiers du pays de Poutine s’ajoute à d’autres facteurs qui expliquent la hausse record du prix de vente, même dans les poissonneries de la Côte-Nord pour le crabe local.

Le prix du crabe a augmenté en moyenne de 15% de 2010 à 2021, donc avant la guerre en Ukraine entrainant un boycott, conclut une étude publiée mardi par l’Institut de recherche sur l’économie contemporaine.

Plus de gens en mangent

Quelque 95% du crabe de la Côte-Nord est exporté aux États-Unis et le prix vendu à Sept-Îles par exemple, considère le prix fixé à l’international même si le crabe débarque à la tonne à quelques mètres des poissonneries.

Le premier facteur de la hausse est attribuable à l’augmentation de la demande constante depuis 10 ans en Chine, au Japon et en Amériques du Nord. La variation des quotas liée au cycle de reproduction de l’espèce influence peu. Lorsque les pêcheurs de la Côte-Nord connaissent des baisses, les quotas augmentent dans les zones de la Gaspésie.

Lors d’une conférence regroupant surtout des restaurateurs cette semaine, des solutions ont été proposées pour réduire le prix du crabe vendu au Québec, dont la création d’un fonds spécial mettant à contribution les profits des entreprises de pêche et de transformation.