Interligne, une ressource d’écoute importante sur le point de disparaître la nuit

Plus d’une dizaine de milliers de personnes LGBTQ+ se retrouveront sans ligne téléphonique d’écoute la nuit à partir du 15 novembre si le gouvernement ne finance pas ce que demande l’organisme Interligne. 

Interligne qui existe depuis plus de 40 ans (autrefois sous le nom Gai Écoute), n’a plus assez de financement pour opérer son service d’aide et de renseignement téléphonique la nuit. L’organisme interpelle le gouvernement car dès le 15 novembre il sera contraint d’arrêter une ressource essentielle pour des personnes en détresse. 

Sur la Côte-Nord où il n’y a pas de ressource dédiée aux personnes LGBTQ+ ce serait une grande perte confie le directeur général d’Interligne, Pascal Vaillancourt : « la disparition de la ligne de nuit va faire une grosse différence dans ces communautés. »

Un besoin de 300 000 dollars

Interligne demande une augmentation de son financement pour pallier un manque historique : « les organismes communautaires comme les nôtres sont sous-financés depuis les années 80. C’était à l’époque en raison de discrimination car c’était mal vu de financer des organismes LGBT mais ce qu’on n’accepte pas c’est que l’écart avec les autres organismes nés à la même époque que nous perdure. Ils ont 2 à 3 fois plus de financement », regrette le directeur général. 

La discrimination de financement est telle que l’organisme ne peut pas payer ses intervenants à des salaires équivalents à ceux d’autres organismes. 

L’importance d’une ligne de nuit

Sur une moyenne de 35 000 appels par an, entre 10 000 et 12 000 ont lieu la nuit. « Perdre cette ligne c’est abandonner 10 000 personnes et ne pas donner la chance aux autres de pouvoir l’utiliser » affirme Mr Vaillancourt. 

C’est plus facile de parler la nuit et les personnes en grande détresse n’ont que ce service-là.

Plusieurs demandes ont été faites au gouvernement pour que soit reconnu l’apport en santé mental de l’organisme mais sont toujours restées sans réponse d’après Interligne.