La tordeuse transforme l’habitat Côte-Nord à l’avantage du loup sur le caribou

Les populations de caribous forestiers sont en déclin sur la Côte-Nord. (Crédit photo : Mario Gagnon, Direction du Nord-du-Québec., ministère Forêts, Faune et Parcs)

Une étude réalisée sur la Côte-Nord par des chercheurs de l’Université Laval conclut que par un effet domino, la tordeuse des bourgeons de l’épinette augmente le risque que le caribou soit la proie du loup. Le petit papillon qui a ravagé la région nuit aux efforts de rétablissement du caribou forestier, constatent les auteurs du département de biologie et du Centre d’étude de la forêt de l’Université.

Les chercheurs ont examiné les relations entre la végétation, la tordeuse, l’orignal, le loup et le caribou sur le territoire de Tadoussac à Port-Cartier depuis 2006. La densité d’orignaux a augmenté de 70%, grâce à une régénération forestière composée davantage de feuillus.

Par contre, les caribous retrouvés morts avaient tendance à fréquenter davantage les secteurs où les dommages causés par la tordeuse étaient plus grands. La prédation par les loups a été confirmée par plusieurs indices.

«En créant un milieu propice aux feuillus, les épidémies de tordeuse favorisent l’augmentation des populations d’orignaux et de loups. Les caribous sont alors davantage exposés à ce prédateur», résume la doctorante Guillemette Labadie. L’aménagement de chemin forestier et la récolte des arbres contribuent à créer plus d’habitats ouverts qui facilitent les déplacements des loups.

Les auteurs de l’étude invitent le Ministère des Forêts, Faune et Parcs à réfléchir aux répercussions négatives sur le caribou forestier des coupes de récupération, jugées une bonne idée pour éviter de perdre de la matière ligneuse.