Le Festival de la chanson de Granby rejette l’inscription de Samian en langue autochtone

Samian (photo: Présence autochtone)

L’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador se dit consternée d’apprendre qu’un des artistes autochtones les plus influents du Nitassinan s’est vu refuser de participer au Festival international de la chanson de Granby, en raison du contenu en langue autochtone de ses chansons.

Le Festival refuse de produire la prestation de l’artiste multidisciplinaire Anishinabeg, parce qu’il ne peut assurer un quota de chansons en français pour respecter les exigences des organisateurs. «C’est avec consternation que je m’aperçois que mon combat des 15 dernières années pour faire valoir les langues des Premières Nations n’est pas terminé», déclare Samian.

L’APNQL défend que les langues des Premières Nations ne soient pas une menace au patrimoine québécois, mais bien l’essence même des premiers peuples. L’Assemblée constate leur fragilité, malgré le fait que l’UNESCO ait dédié la prochaine décennie à la revitalisation des langues autochtones.

Le grand chef Ghislain Picard estime que «la position du festival de Granby est le miroir de la position du gouvernement provincial qui impose le français au détriment des langues premières des peuples autochtones. Un autre exemple d’une idéologie coloniale bien installée au Québec», déclare-t-il.

Les Premières Nations ne s’attendent pas à ce que «le gouvernement du Québec ne lève le petit doigt pour dénoncer cette décision, puisqu’elle est conforme aux positions avancées par le projet de loi 96 qui pénalise les Premières Nations», lit-on dans le communiqué de l’APNQL.