Le maire de Sept-Îles réclame un prix plancher sur le prix des billets

Coop TREQ pourrait prendre son envol rapidement si le plan de relance en transport aérien lui laisse une porte ouverte.

Partenaire de première classe dans le projet de la Coopérative de transport aérien régional du Québec, la Ville de Sept-Îles presse le gouvernement d’établir une politique pour fixer un prix plancher, question de s’assurer que les nouveaux avions de TREQ ne battront pas de l’aile en raison d’une concurrence déloyale.

Stéphane Tremblay, Initiative de journalisme local, Macôtenord.com

En effet, à quelques mois de prendre son envol, TREQ ne souhaite pas frapper le mur comme les compagnies aériennes précédentes qui ont toutes piqué du nez.

«Les subventions, tantôt aux entreprises, tantôt aux passagers avec en parallèle des tactiques déloyales comme des politiques de prix bien en dessous du seuil de rentabilité, le temps de faire tomber un compétiteur. S’en suit naturellement par la suite un retour à une politique de prix prohibitifs, mais sans alternative, le compétiteur ayant été écrasé. On ne veut pas revivre ça», souligne le maire Réjean Porlier, précisant avoir déjà vu un billet Sept-Îles-Québec être transigé à plus de 1 200 $, aller simple seulement. 

Ajoutez à cela la politique de survente de billets pour laquelle nombre de passagers se sont vu refuser l’embarquement ou encore les fréquentes annulations de vol de dernière minute, sans oublier le quasi-monopole d’Air Canada. «Inutile de chercher bien longtemps pour comprendre que le système actuel en est un au service des actionnaires et non des voyageurs», renchérit le maire de Sept-Îles.

Ce dernier est catégorique: «C’est le système qui est inadéquat, tant pour les individus, les entreprises que la collectivité qui aspire à voir le transport aérien devenir un élément structurant de notre développement et non un obstacle comme c’est le cas depuis trop longtemps.»

Dans le but de démontrer le manque d’ouverture des gros transporteurs comme Air Canada, le maire Porlier cite en exemple une question dont aucune compagnie d’importance n’a daigné répondre, la question étant pourtant fort simple.

«Si vous mettez en place un avion de type Q-400 et que nous mettons tout un chacun nos énergies pour remplir cet avion, à quel prix fixeriez-vous le billet Sept-Iles-Québec aller-retour?»

Seule TREQ a dévoilé un chiffre, soit entre 350$ et 450$. La coopérative offre même pour les membres un aller-retour Baie-Comeau-Québec pour aussi peu que 199$. Il en coûte 10$ pour être membre de la coopérative qui fera des escales aux quatre coins de la province.

«L’aventure coopérative mérite un essai. Si elle échoue, nous serons cette fois les premiers à blâmer, parce qu’impliqués dans la solution. Nous en faisons un enjeu de développement, donc un enjeu de responsabilité», lance M. Porlier.

C’est la vision de TREQ qui se démarque du lot, des autres compagnies aériennes qui sont restées clouées au sol au cours des dernières années. TREQ mise sur la quantité et le développement, plus que sur les profits.

«La compagnie croit, et avec raison, que des prix plus abordables feront voyager les gens plus souvent, et ce, dans les diverses régions du Québec. De cette manière, les hôtels, les restaurants et les attraits touristiques en sortiront gagnants.»

Actuellement, ce n’est pas rare de voir un automobiliste nord-côtier braver une tempête en hiver pour se rendre à un rendez-vous dans la Vieille Capitale; le tarif pour un billet d’avion étant le même prix que pour aller se prélasser au Soleil profitant d’un tout inclus dans les Caraïbes.

N’ayant pas en main, les permis requis de Transports Canada et de l’Office des transports du Canada, la coopérative donnera les commandes à un sous-traitant pour piloter dans le ciel ses cinq avions qui devraient être achetés sous peu au coût de 5 millions de dollars chacun. Des appareils Q-400 de Bombardier d’une capacité de 74 passagers.

Les premiers vols sont prévus pour le printemps.