Le milieu de vie pour étudiants autochtones de Sept-Îles inauguré par une bénédiction et un grand Makusham au son du Takuaikan

De nombreux dignitaires ont assisté à l’inauguration historique du milieu de vie pour étudiants autochtones à Sept-Îles, dont les ministres Kateri Champagne Jourdain, Ian Lafrenière, France-Élaine Duranceau, le chef d’Innu Takuaikan Uashat mak Mani-Utenam Mike McKenzie, la mairesse suppléante de Sept-Îles Charlotte Audet, le directeur adjoint des études du Cégep Pierre-Étienne Beausoleil et la sénatrice Michèle Audette. (Photo Jean St-Pierre, Macotenord.com)

Trois ministres, la sénatrice Michèle Audette et plusieurs dignitaires ont procédé ce matin à l’inauguration officielle du tout premier milieu de vie communautaire dédié aux étudiants autochtones au Québec. Une centaine de personnes ont assisté à la cérémonie traditionnelle comprenant une bénédiction et un grand Makusham au son du Takuaikan.

L’initiative du Regroupement des Centres Amitiés autochtones devient un modèle unique d’habitation à vocation sociale en harmonie avec les valeurs et la culture des Premières Nations, ont décrit les ministres Kateri Champagne Jourdain, Ian Lafrenière et France-Élaine Duranceau. Le gouvernement du Québec a injecté 18,8M$ dans la construction au coût de 25M$ des bâtiments construits derrière le Pavillon UQÀC Alouette et le Cégep de Sept-Îles.

Concept unique

Plus que de simples logements pour étudiants, les 32 unités d’habitation proposent salle communautaire, salle d’études, CPE, cuisine collective et même une glissade et un parc à l’extérieur, a expliqué la directrice du Regroupement, l’Innu Tanya Sirois. La ministre responsable de la Côte-Nord Kateri C Jourdain a affiché sa fierté de voir naître un concept unique dans son comté. «C’est une inauguration significative pour moi et ma région», a-t-elle annoncé en rappelant comme ce n’est pas facile de quitter sa communauté et sa famille pour venir étudier en ville.

Le ministre des Affaires autochtones Ian Lafrenière s’est souvenu que l’émergence du projet n’a pas été un long fleuve tranquille, même pour le financement puisqu’il ne cadrait pas dans les programmes gouvernementaux. Le projet a été retardé par la pandémie, les feux de forêt et d’autres avaries. Le ministre a rappelé que Tanya Sirois et l’ancien maire de Sept-Îles Réjean Porlier se sont tenus debout pour sa réalisation, malgré certaines oppositions au début du processus.

Sept-Îles innove

La ministre de l’Habitation France-Élaine Duranceau a été impressionnée par l’envergure de la cérémonie. « La solution à la crise du logement, c’est d’augmenter l’offre en habitation. Sept-Îles vient de le faire de façon innovante », a-t-elle déclaré. D’autres milieux de vie pour étudiants autochtones sur le modèle de celui de Sept-Îles ouvriront à Trois-Rivières, Québec et Chibougamau.

Le chef des Innus de Uashat mak Mani-utenam Mike Mckenzie a insisté sur la collaboration de plusieurs partenaires pour l’aboutissement des Résidences Nutshimit, qui signifie intérieur de nos terres.  « Ce milieu de vie a une importance particulière pour les générations actuelles et futures d’étudiants innus. Il offre un tremplin exceptionnel pour les jeunes parents autochtones qui aspirent à retourner aux études. Chaque retour aux études a un effet multiplicateur dans nos communautés qui nous approche de notre idéal d’autonomie, de guérison et de prospérité. »

Le projet est né d’une démarche collaborative et inclusive impliquant plusieurs organisations autochtones et allochtones. Il a été pensé pour favoriser la réussite scolaire, en réduisant les irritants sur le parcours scolaire des jeunes des Premières Nations.