Le pape François a-t-il prononcé les bons mots aux bons moments dans sa visite au Canada ?

Chef Réal Mckenzie a accueilli Johanne Aster qui a marché 260 km en appui aux survivants des pensionnats autochtones.

Le pape s’est adonné à une série de déclarations en crescendo lors de son pèlerinage de pénitence au Canada. Devant des milliers d’Innus de la Côte-Nord jeudi, le pape François a demandé pardon «pour les erreurs de l’Église dans la gestion des pensionnats.» Plus tard, il a reconnu les abus sexuels, en s’adressant aux évêques du Québec. Dans l’avion du retour à Rome, il a parlé de génocide.

«Nos survivants ont vécu de grandes émotions», remarque le chef de la Nation Innu Matimekush-Lac John Réal McKenzie». Sa communauté était représentée avec 102 personnes aînées, survivantes du pensionnat à la basilique de Sainte-Anne-de-Beaupré jeudi matin. «C’est là que le pape aurait dû prononcer ses mots les plus forts», estime Chef Réal Mckenzie.

Pourquoi pas devant les survivants?

Ce dernier aurait aimé entendre le repentir du Saint-Père concernant les abus sexuels devant les Survivants des pensionnats autochtones à Sainte-Anne. «Mais, c’est fait et ça va aider à la guérison», conclut le chef de Matimekusk-Lac-John.

De son côté, l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador (APNQL) se tourne maintenant vers l’avenir et appelle l’Église catholique à poser des gestes concrets, à court terme, pour que puisse se poursuivre la guérison collective pour les torts subis pendant plus d’un siècle à travers le régime des pensionnats autochtones. 

Chacun accueille le pardon à sa façon

«Il importe de respecter profondément chaque survivant dans le processus de guérison qui lui appartient. Chacun accueille à sa façon les demandes de pardon prononcées par le pape François, déclare le Chef de l’Assemblée Ghislain Picard. Ces excuses doivent être considérées comme une nouvelle étape sur le long chemin de la réconciliation, et non comme son aboutissement. Nous souhaitons que l’Église catholique profite des prochains mois pour poser des gestes concrets en ce sens», ajoute Chef Picard.

L’APNQL invite la Conférence des évêques catholiques du Canada à faire preuve de leadership, d’ouverture et de transparence pour donner suite à cette visite papale. Elle doit maintenant répondre à plusieurs demandes de longue date qui demeurent toujours en suspens, notamment en rendant publiques toutes les archives permettant de faire la lumière sur l’histoire des pensionnats autochtones.

L’Assemblée salue le travail de l’ombre déployé par les membres des Premières Nations ces dernières semaines, afin de s’assurer que les survivants puissent assister aux événements, dans le respect auquel ils ont droit et malgré les multiples contraintes logistiques.