Le résidant de Sept-Îles Yan Bouthillette remporte le concours d’écriture « Les héros de la forêt »

Yan Bouthillette

Yan Bouthillette, résidant de Sept-Îles, est le gagnant du concours d’écriture « Les héros de la forêt » organisé par la Coopérative forestière La Nord-Côtière et l’Association forestière Côte-Nord. Il se mérite une bourse de 500$.

C’est durant la 20e édition du Festi-Livre Desjardins, qui était présenté aux Bergeronnes du 28 avril au 1er mai, que le gagnant du concours a été dévoilé.

Le texte de Yan Bouthillette raconte ses dix années de travail comme technicien de la faune. Il décrit le courage des travailleurs forestiers, le lien que l’on crée avec la forêt et la vie unique qui en découle. Le thème du concours de cette année visait à valoriser les travailleurs forestiers.

La Coopérative forestière La Nord-Côtière et l’Association forestière Côte-Nord ont dévoilé le texte du Septilien Yan Bouthillette au public :

Il ne peut pas y avoir qu’un seul héros en forêt.


J’ai travaillé en forêt pendant 10 ans. Je suis un technicien de la faune de formation. Mais pendant
les dix années que j’ai passées à travailler sur les saumons, les anguilles, l’aménagement de sentiers,
la protection de la faune, le reboisement, le déboisement, la construction de chemins, j’étais un
travailleur forestier. Je faisais partie d’une famille de héros qui se tiennent les coudes serrés.


Le monde forestier, les camps de bûcherons, les chemins de bouette, de gadoue, de gravier, de
poussière, les mouches, les tempêtes de neige, les machines, il faut avoir le cœur à l’ouvrage pour
évoluer là-dedans. Quitter le confort de sa maison, sa famille, pour faire des heures de route vers
une chambre d’hôtel 1 étoile au milieu de nulle part, c’était mon quotidien. C’était le quotidien de
tous les autres que j’allais rejoindre. Pourtant ces années comptent parmi les plus belles pour moi.
Parce qu’en forêt on apprend des choses qui ne s’enseignent pas.


Je me sens privilégié d’avoir eu ma place parmi tous ces gens exceptionnels. Ces entrepreneurs
forestiers, ces opérateurs, ces camionneurs, ces cuisiniers et cuisinières, ces surintendants, ces
mesureurs, ces contremaîtres, tous ces gens si différents les uns des autres. Ces gens qui, chacun
chez eux, n’avaient souvent rien à voir ensemble. Mais en forêt, on dépendait les uns des autres. Et
ces autres, quels personnages ! Quels hommes et femmes inspirants ! Ces entrepreneurs qui ont tout
misé sur leurs machines et qui s’arrachent le cœur, presque 24 heures sur 24. Les mains dans l’huile,
le diesel, le métal, la boue, la neige, dans un garage à ciel ouvert, rien ne les arrête. Même chose pour
les camionneurs, les opérateurs, impossible de ne pas mettre la main à la pâte. On devient une
famille.


Et comme une famille, on rentre au camp tous ensemble pour le repas. On ne laisse personne derrière
en forêt. Après avoir tout donné, on rit tout le monde ensemble des blagues du gars de la niveleuse.
On rit des deux frères qui travaillent ensemble et qui ne peuvent pas se sentir. On rit du gars qui construit les chemins parce que son vieux pick-up est encore brisé et qu’il est rentré avec le gars de
la chargeuse. On fait des plans pour ramener son camion demain…


Quand on travaille en forêt, on est entouré de héros et c’est certain qu’un jour ou l’autre c’est notre
tour d’en devenir un.

Par Yan Bouthillette