«Le temps n’est plus aux excuses. Il faut des gestes forts du gouvernement du Canada», déclarent les chefs Innus

Les chefs Innus de la Côte-Nord (photo Archive)

Les chefs de la Nation innue réunis pour la première fois depuis 18 mois ont réagi à la découverte de sépultures dans les pensionnats indiens: «Le temps n’est plus aux excuses. Il faut des gestes forts du gouvernement du Canada.»

Les Chefs innus de la Côte-Nord ont fait le bilan de la dernière année et entrepris une large réflexion portant sur les grandes orientations de la Nation, ainsi que sur les ententes de collaboration à venir pour les dossiers qui touchent les communautés. Le dossier sensible des découvertes des sépultures de jeunes enfants autochtones sur les sites des pensionnats en Saskatchewan et en Colombie-Britannique a fait bien sûr l’objet de nombreuses discussions.

«Nous sommes devant une situation extrêmement grave qui demande beaucoup plus que de simples paroles ou des dollars. Depuis des années les familles et les pensionnaires survivants de ces institutions ont témoigné des injustices et des sévices dont ils ont été les victimes», ont déclaré les Chefs. Ils ont pris la décision de mettre en place une équipe travaillant en collaboration avec les familles et ayant le mandat d’entreprendre les démarches nécessaires auprès des gouvernements pour amorcer des recherches sur les terrains de l’ancien pensionnat de Maliotenam.

En opération pendant une vingtaine d’années avant de fermer ses portes en 1971, le pensionnat Notre-Dame accueillait près de 200 Innus chaque année.

«En ce qui concerne la fête du Canada, nous n’avons certainement pas le cœur aux célébrations. Pour ce qui est des Canadiens, il leur appartient de décider s’ils jugent approprié de fêter, en ce moment où ils prennent conscience du passé colonial de leur pays et des horreurs qui y ont été perpétrées dans le but d’anéantir l’âme des Nations autochtones. On ne peut évidemment pas imposer une introspection nationale qui serait à la base d’un processus de guérison. Cependant, nous invitons l’ensemble des Canadiens à profiter de la journée de la fête du Canada pour réfléchir aux nombreuses victimes des pensionnats canadiens», ont conclu les Chefs.

Les marques profondes des pensionnats sont encore bien présentes dans le quotidien de nombreux Innus et les besoins sont énormes pour soutenir la guérison émotionnelle, mentale, psychologique et spirituelle. Les Chefs innus poursuivront donc les discussions au cours des prochains jours afin de trouver des moyens favorisant la guérison.