Mais où sont les baleines ?

De Matane à Sept-Îles, les gros mammifères marins n’ont pas été au rendez-vous cet été. Le biologiste et fondateur de la Station de recherche des îles Mingan, Richard Sears, tente de comprendre pourquoi les cétacés du Golfe sont absents.

« Dans le détroit de Jacques Cartier, dans les mois d’août et septembre on a l’habitude de voir 20 à 60 rorquals communs par jour. Cette année, si on en a 5 c’est beaucoup, » s’inquiète Richard Sears. 

Que ce soit à Matane, à Sept-Îles ou dans l’archipel des îles Mingan, la saison habituelle des baleines n’a pas été bonne, pour la deuxième année consécutive. 

J’ai jamais vu ça en plus de 40 ans.

Richard Sears, qui a fondé la Station de recherche des îles Mingan en 1979.

Le biologiste constate que le peu d’animaux observés sont en mouvement et ne restent plus aussi longtemps qu’avant.

D’après ses constatations, le niveau de nourriture serait très pauvre cette année dans le Saint-Laurent. « On sait qu’il y a deux ans il y avait eu une baisse de productivité entraînant moins de plancton, ça se manifeste peut-être maintenant pour les baleines. » 

Si cette hypothèse est la bonne, le spécialiste pense que les baleines seront de retour les prochaines années. « Elles sont sûrement à d’autres endroits mais on l’ignore. Il y a peut-être quelque part qu’on ne voit pas dans le Golfe où elles sont, mais même les pêcheurs ne nous ont rien rapporté » ajoute le biologiste.

Sont-elles mortes ?

Mr Sears ne croit pas à l’hypothèse d’une surmortalité des mammifères : « on l’aurait sans doute remarqué si c’était ça qui était arrivé ». Mais il précise que les prochaines années seront à surveiller car si la situation continue dans un déclin de présence d’animaux dans le secteur, il faudra essayer d’en comprendre la véritable origine.