Ours noirs | Près de dix fois plus de signalements cette année

Depuis des semaines, de nombreux Nord-Côtiers ont photographié et même filmé des ours noirs rôdant près de résidences privées. Pas surprenant, près de 10 fois plus de signalements ont été enregistrés au ministère de la Faune, des Forêts et des Parcs cette année par rapport à la même période l’an dernier.

Par Stéphane Tremblay, Initiative de journalisme local, Ma Côte-Nord.com

Du 21 août au 9 septembre 2020, plus de 115 signalements ont été répertoriés aux différents bureaux du ministère établis sur l’ensemble du territoire de la Côte-Nord. Durant la même période l’année dernière, 15 personnes avaient contacté les agents pour les informer de la présence d’ours noirs près de zones habitées.

C’est au bureau de Baie-Comeau (Pessamità Baie-Trinité) que le nombre de signalements a été le plus élevé avec 60. Forestville (Tadoussac à Colombier) 44 bêtes errantes ont été aperçues dans des secteurs agroforestiers, ruraux, voire périurbains. Le bureau de Sept-Îles en dénombre six, Havre-Saint-Pierre, 3 et Schefferville, deux signalements.

«Il s’agit d’une année exceptionnelle», a immédiatement lancé le porte-parole du ministère, Sylvain Carrier.

Ces présences «anormalement élevées» expliquent davantage les nombreuses photos et vidéos d’ursidés publiées sur les réseaux sociaux ces derniers jours, principalement par des résidents de la Haute-Côte-Nord.

Certains plantigrades sont captés sur le vif alors qu’ils se trouvent dans une bleuetière, sur des chemins de VTT, ou derrière des résidences privées. Un ours délinquant aurait même été vu près de la polyvalente de Forestville et un autre en plein cœur de cette localité.

«Nous avons comme hypothèse le manque de nourriture en forêt pour les ours. Présentement, les ours se nourrissent de petits fruits comme les bleuets. Les petits fruits se font plutôt rares cette année. Les ours doivent s’engraisser avant d’hiberner. Le manque de petits fruits mène les ours vers les sources de nourriture humaine, comme les poubelles et les arbres fruitiers», souligne M. Carrier pour expliquer le pourquoi des présences de cet animal sauvage près de secteurs habités.

14 ours capturés

Au cours des deux dernières semaines, les agents de la faune du bureau de Forestville ont capturé sept ours, soit quatre à Forestvilleun à Tadoussac et deux à Portneuf-sur-Mer. Les agents de Baie-Comeau sont parvenus à installer des cages pour eux aussi piéger sept bêtes, soit une à Pessamitdeux à Ragueneau, une à Chute‑aux‑Outardes, une à Baie-Comeau et deux à GodboutUn ours a dû être abattu, car l’animal était blessé gravement.

«Lorsqu’ils sont capturés, les ours sont endormis. Une étiquette jaune est placée sur une oreille de l’ours et l’animal est déplacé à plus de 100 km de son lieu de capture», explique M. Carrier.

Invité à prodiguer des conseils sur les mesures à prendre en présence d’un ours noir, M. Carrier mentionne d’emblée : «Il est très rare que cet animal s’attaque à l’homme.»

«En présence d’une femelle ours, il est fortement recommandé de ne pas approcher les oursons.»

Si vous rencontrez un ours noir, restez calme et évaluez la situation. Reculez lentement sans le fixer directement dans les yeux. Ne criez pas et ne faites pas de mouvement brusque et retirez-vous tranquillement.

Des consignes de sécurité à respecter

Rappelons qu’il ne faut jamais nourrir un ours, intentionnellement ou non. Toute forme de nourriture, telle que les mangeoires pour oiseaux ou la nourriture pour animaux domestiques, est susceptible d’attirer les ours.

Il est également conseillé d’entreposer la nourriture et les ordures dans des endroits hors de sa portée et de nettoyer tout matériel ou équipement extérieur (bacs à ordures, grilles de cuisson, etc.) afin d’éliminer les odeurs pouvant l’attirer.

Si un ours noir semble menaçant ou que sa présence persiste dans un secteur, le citoyen doit communiquer avec SOS Braconnage au numéro sans frais 1 800 463-2191.