Pêches | Les six prochains mois seront cruciaux, selon Lebouthillier

Les six prochains mois seront cruciaux pour l’avenir des pêches, selon la ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne et députée de Gaspésie-Les Îles-de-la-Madeleine, Diane Lebouthillier.

« 2024 va être une année de transition dans le secteur des pêches. Les six prochains mois seront plus que déterminants pour la suite des choses et c’est pourquoi il sera important plus que jamais de se mettre collectivement en mode solution afin de passer au travers », a mentionné lundi dans un point de presse l’élue en évoquant ses faits saillants de l’année 2023 et jetant les perspectives pour l’année 2024.

« On peut gagner ensemble, mais on peut aussi perdre ensemble. Mais sachez que j’ai la ferme intention que l’on gagne tous ensemble. Il en va pour l’avenir de la région et du secteur des pêches », note-t-elle.

Mme Lebouthillier a mentionné à nouveau qu’elle fera part des intentions du gouvernement pour les quotas de crevette et la reprise de la pêche au sébaste d’ici la fin du mois, tel qu’évoqué depuis plusieurs semaines.

« Avec les changements climatiques, ça ne va pas bien dans le secteur des pêches pour différentes espèces. Dans les tournées que j’ai faites depuis l’automne, même dans les pêches qui vont bien, il y a de l’inquiétude. Le golfe n’a jamais été aussi chaud. Plus que jamais, on a besoin des sciences », explique la députée.

Alors que la communauté micmaque de Listuguj réclame un moratoire sur la pêche à la crevette, la ministre ne va visiblement pas dans cette direction.

« Je ne revivrai pas ce qui s’est passé avec la morue. On va prendre des décisions responsables et raisonnables. On est dans une période de transition. Il y va de l’avenir des pêches. On l’a vu avec la morue et c’est la même chose avec le sébaste car il y a eu de la surpêche. On a de l’expérience avec ce qui s’est passé et on va prendre des décisions raisonnables et responsables », lance l’élue.

Plusieurs critiques ont été faites sur la façon d’évaluer les stocks par Pêches et Océans Canada ces dernières semaines.

La ministre est consciente des problématiques soulevées.

« J’ai eu des discussions avec le secteur des sciences avec Pêches et Océans Canada pour dire aussi qu’on avait une problématique avec le milieu de la capture qui vit la pêche dans le quotidien. Il faut réconcilier les deux secteurs. J’ai besoin des deux et la science a besoin du secteur de la capture. On doit travailler ensemble et resserrer le lien de confiance », souligne Mme Lebouthillier.

C’est pourquoi dans des dossiers particuliers, la scientifique en chef du Canada viendra épauler le travail du personnel du MPO.

Mme Lebouthillier se donne trois objectifs au cours des prochains mois : les ports pour petits bateaux, le phoque et l’aquaculture.

« Les ports pour petits bateaux, c’est une priorité avec les changements climatiques où les océans continuent de monter. On veut aller vers des flottes avec bateaux hybrides. Quand on regarde nos quais, c’est difficile d’avoir des bateaux hybrides. Ça amène des défis particuliers. On y travaille avec les associations portuaires, les gens de la capture et les gens qui construisent les bateaux », note la ministre.

Il reste encore quelque 14 millions $ dans le Fonds des pêches du Québec, un programme conjoint fédéral-provincial dédié notamment à l’innovation.

Ce programme doté d’un budget de 42 millions $ au départ doit prendre fin en principe le 31 mars prochain.

Mme Lebouthillier ne s’est pas avancée sur la demande de Québec depuis plusieurs mois de le prolonger jusqu’en 2026 afin d’utiliser tous les crédits disponibles.

« C’est un outil qui a été très apprécié. On fera les annonces en temps et lieux, mais j’ai demandé à l’industrie de la capture de continuer à travailler sur leurs projets », se contente de dire la ministre.

Collaboration Nelson Sergerie – Magaspesie.ca