Pénurie de main-d’œuvre : une situation « hors de contrôle » au CISSS de la Côte-Nord

La présidente du Syndicat des Intervenantes et Intervenants en Santé du Nord Est Québécois Nathalie Savard (Photo Facebook SIISNEQ)

Le Syndicat des intervenantes et intervenants de la santé du Nord-Est québécois veut être entendu par Québec pour mettre fin à l’embauche temporaire de main-d’œuvre indépendante qui coûte très cher.

En fin de semaine, le ministre de la Santé Christian Dubé s’est exprimé sur la situation et a promis un plan détaillé « par régions » pour régler le problème de l’embauche de main-d’œuvre privée. La présidente du Syndicat des intervenantes et intervenants de la santé du Nord-Est québécois (SIISNEQ-CSQ), Nathalie Savard, n’a pas été convaincue par ses propos. « Le ministre se dit préoccupé par la situation, mais il ne laisse pas les syndicats prendre part aux discussions », explique-t-elle. 

65% du déficit vient de la main d’œuvre indépendante. 

Le CISSS de la Côte-Nord  prévoit un déficit budgétaire de 65 millions de dollars, dont « 65 % » à cause de la main-d’œuvre indépendante. Pour la présidente du Syndicat, ce n’est pas la bonne solution « loger et déplacer ces personnes-là nous coûte et ils ne participent même pas à la vie locale ». 

Le syndicat dénonce dans le même temps des suppressions d’emplois. 140 postes d’infirmières et d’infirmières auxiliaires auraient été éliminés au cours des deux dernières années.

La situation pourrait devenir plus inquiétante cet été, d’après la profession qui redoute les départs en vacances. Le syndicat craint que la main-d’oeuvre indépendante ne soit plus disponible et que ce soit aux employés de le supporter à nouveau.

 « Ce n’est pas un problème d’attractivité »

La présidente du SIISNEQ-CSQ croit que la difficulté n’est pas tant dans le recrutement que dans la rétention du personnel. « La problématique c’est de les garder. Quand ils voient les conditions de travail, ils nous quittent pour le privé ». 

Sans aller chercher à l’extérieur, la région doit aussi pouvoir s’appuyer sur les deux programmes en soins infirmiers offerts dans les Cégeps de la Côte-Nord. « Il faut réussir à garder les ressources locales. On parle sans cesse du recrutement à l’international, oui on en a besoin mais commençons par offrir des avantages aux jeunes de chez nous ».