Qui est ce visiteur inattendu observé en Minganie et en Gaspésie ?

Les Nord-Côtiers et les Gaspésiens ont reçu la visite du plus grand carnivore terrestre de la planète cette année, pouvant peser jusqu’à 1500 livres et atteindre 10 pieds de haut sur ses deux pattes, l’ours blanc était le sujet de l’heure dans les derniers mois. Arsenal Média s’est entretenu avec Guillaume Szor, biologiste au Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec, afin de tout savoir sur cette visite inattendue.

L’ours blanc aperçu en Minganie aurait-il pu être le même ours observé en Gaspésie? Selon le biologiste, c’est une possibilité, cet animal peut se déplacer sur de très grandes distances. L’ours de la Minganie était vraisemblablement perdu, il aurait donc pu prendre la décision de poursuivre son chemin en traversant le fleuve. L’ours blanc peut nager sur plusieurs centaines de kilomètres.

Était-ce un ours de l’Arctique? Monsieur Szor explique que les ours blancs qui s’aventurent sur la Côte-Nord ou en Gaspésie appartiennent à la population du détroit de Davis. Cette population d’environ 2250 individus s’étend de l’ Île de Baffin, en passant par le Groenland, la Baie d’Ungava, la côte du Labrador et le nord de Terre-Neuve.

Le biologiste affirme que cette population se porte très bien, elle a connu une forte augmentation entre 1970 et 2010, probablement explicable par l’augmentation importante du nombre de phoques sur ce même territoire. « Cette population est considérée comme ayant la plus forte densité au Canada, elle est même considérée comme surabondante par les communautés Inuits du Nunavik. », raconte l’expert.

L’ours blanc est plus dangereux pour l’humain que l’ours noir. L’ours noir est omnivore et 75% de son alimentation est composée de végétaux. L’ours blanc est un prédateur qui a plus tendance à se nourrir de viande, même s’il est aussi omnivore. S’il a faim, il peut se rapprocher des installations humaines et peut considérer l’homme comme une proie, ce qui est beaucoup moins commun chez l’ours noir, qui aura tendance à craindre l’humain.

Pourrait-on voir de plus en plus d’ours blancs en raison du réchauffement de la planète? Les mouvements de glace différents en raison du réchauffement pourraient faire en sorte que l’on observe plus d’ours blancs, mais pas de là à voir un déplacement volontaire de la population vers le sud, selon le biologiste.

Entrevue avec Guillaume Szor, biologiste au Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec.