Rencontre avec Yung Blues, rappeur Septilien de 16 ans

Félix Camus et Étienne McKenzie, deux amis qui font de la musique entre deux journées d'école.

Entre l’école, le travail et le hockey, Félix Camus trouve toujours du temps pour le rap. Pas facile de commencer une carrière en chantant en anglais et à Sept-Îles mais le jeune homme s’accroche et a l’ambition d’aller très loin. 

C’est dans le studio Makusham à Mani-Utenam, que nous faisons la rencontre de Félix Camus, 16 ans. Le jeune adolescent de secondaire 5 bien charismatique pour son âge est passionné depuis tout petit par la musique. « Ça fait 8 ans que je fais de la guitare. J’ai tout le temps aimé la musique, le rap je l’ai commencé il y a trois ans dans le sous-sol d’un ami et je n’ai jamais arrêté. »

Ambitieux, c’est comme ça qu’il se définit. Ses chansons sont rapées en anglais, à l’américaine. Elles racontent ce qu’il veut devenir plus tard et la différence entre venir de Sept-Îles et être un rappeur des USA. 

C’est dur quand tu viens d’une petite ville – Félix Camus

Une aventure, à deux

Félix n’est pas tout seul. Avec lui, toujours à ses côtés, son meilleur ami Étienne McKenzie. Les deux adolescents sont inséparables et travaillent ensemble comme une équipe d’artistes professionnels. « Je m’occupe de tout ce que Félix ne peut pas faire », explique humblement Étienne.

On a grandi ensemble, dans la musique.

Étienne McKenzie

Les deux disent se comprendre mutuellement. Ils ont construit leur propre style musical, à deux. « Nos oreilles sont similaires. On se relie à deux. La musique est en moi parce que mon père (Mathieu McKenzie,) et mon grand-père (Florent Vollant) en ont toujours fait. Après j’ai rencontré Félix, et on a grandi ensemble, dans la musique », raconte Étienne McKenzie.

Les deux amis se tirent vers le haut – Étienne McKenzie

Et pour comprendre cette alchimie, il suffit de les rencontrer, quand l’un n’a pas la fin de la réponse à la question, c’est l’autre qui embarque. Preuve que les deux amis se sont bien trouvés. 

Félix Camus s’enregistre régulièrement dans sa chambre, où il a aménagé un petit studio professionnel.

Après l’album, son premier vidéoclip

Avec un premier vidéoclip sorti il y a une semaine sur YouTube, Yung Blues a franchi un grand pas. 

Étienne s’est occupé de filmer Félix et de faire le montage, des journées entières de travail pour eux qui ont appris à faire du montage vidéo sur le tas. « On a tout appris par nous même. Ça nous a pris des jours juste à regarder des vidéos sur YouTube pour apprendre à faire du montage. Mais on est fiers du résultat » se réjouit Étienne.

Je suis autochtone, c’est pas facile – Étienne McKenzie

Sept-Îles n’est pas la meilleure place pour faire du rap

Les deux adolescents ont conscience qu’ils ne feront pas carrière à Sept-Îles. Ils veulent se rapprocher de l’industrie du rap, dans une grande ville anglophone. 

Pour autant, Yung Blues n’a pas voulu opter pour la facilité. « J’aurai pu chanter en français, mais le rap québécois ne nous accroche pas » confie le rappeur.

Pour d’où est-ce que je viens, j’ai un bon début de fait.

Félix Camus

Présent sur toutes les plateformes de streaming et sur tous les réseaux sociaux, Yung Blues est déjà très bien référencé lorsqu’on recherche son nom d’artiste sur Google. Pour la suite, les idées ne manquent pas, le rappeur travaille déjà sur son deuxième album qu’il espère sortir pendant l’hiver.