Sept-Îles est une ville essentiellement raciste, selon le directeur artistique d’Innu Nikamu

Le Festival Innu Nikamu rassemble chaque mois d'août les nations autochtones et québécoise.

Kevin Bacon Hervieux directeur artistique du Festival Innu Nikamu, réagit avec franchise aux inquiétudes exprimées par des résidents du quartier Ste-Famille, concernant un projet de 32 logements pour étudiants autochtones sur la rue Holliday.

Il a écrit sur Facebook que le racisme est ancré dans la culture d’une majorité d’habitants de Sept-Îles. Il rappelle la tentative d’expulsion des Innus d’Uashat avec l’arrivée de l’industrie minière dans les années 1950, la création de la réserve de Maliotenam et du pensionnat. Le lauréat du prix Iris Documentaire de l’année pour son film «Innu Nikamu chanter la résistance» conclut que la même mentalité perdure en 2019.

Kevin Bacon Hervieux, directeur artistique et réalisateur du documentaire «Innu Nikamu, chanter la résistance »

Une quarantaine de personnes ont participé à une rencontre citoyenne mardi dernier. Certains ont questionné le projet du Centre d’Amitié Autochtone, disant craindre une hausse de criminalité ou une dévaluation de leur propriété, par exemple.

Comme lors de l’agrandissement d’Uashat

Le conseiller municipal du district Place de l’Anse, Jean Masse se souvient d’inquiétudes comparables exprimées lorsque le gymnase de l’école Camille-Marcoux s’est rempli pour une consultation sur l’agrandissement d’Uashat au début des années 2000. «Il y avait de l’incompréhension, des craintes non-fondées et des propos déplacés», raconte Jean Masse.

Jean Masse, conseiller municipal district Place de l’Anse

Le maire Ghislain Lévesque et la conseillère Rachel Côté-Deschênes à l’époque s’étaient faits rassurants. Selon le conseiller actuel, personne ne s’est plaint à la suite de l’agrandissement d’Uashat derrière Place de l’Anse. Une zone tampon délimite le quartier résidentiel de la Ville de Sept-Îles et celui de la communauté innue.