Survivant et chef Innu Jean-Charles Piétacho croit que les siens vivront d’intenses émotions au passage du pape

Les chefs Innus Mike Mckenzie, Jean-Charles Piétacho et Réal Mckenzie ont accueilli les marcheurs de l’organisme Puamun Meskunu à Québec pour la visite du pape, dont Johanne Aster de Matimekush-Lac John.

Le pape est débarqué à Québec cet après-midi, accueilli par une délégation dignitaire de circonstance dont François Legault, le ministre fédéral Jean-Yves Duclos et l’aînée survivante d’Ekuanitshit sur la Côte-Nord Hélène Mollen. Le chef de cette communauté innue, survivant lui-aussi du Pensionnat de Maliotenam, Jean-Charles Piétacho croit que chacun vivra de grandes émotions selon ses souffrances lors du pèlerinage pénitencier et de l’homélie du pape François à Sainte-Anne-de-Beaupré.

Chef Piétacho reconnaît l’effort du pape François qui se déplace 6 jours au Canada, malgré son état de santé. L’événement historique n’est pas une fête pour le chef d’Ekuanitshit, qui écoutera religieusement les paroles du Saint-Père.

Il aimerait entendre un sincère pardon au nom de l’Église catholique qui a implanté les pensionnats autochtones avec le gouvernement du Canada et a administré ces institutions visant l’assimilation. «Nous avons vécu des enlèvements d’enfants par des serviteurs de l’Église dans nos communautés», rappelle Jean-Charles Piétacho.

Entrevue à O 99,1 27 juillet avec Jean-Charles Piétacho, chef d’Ekuanitshit

«Nous n’avons pas appris à être parents, puisqu’on nous a imposé une enfance au Pensionnat. Il faut reconnaître aujourd’hui que la meilleure école était de nous laisser dans nos familles», témoigne le survivant Piétacho.

Le chef d’Ekuanitshit pense que l’Église catholique canadienne devra entretenir le mouvement de guérison et réconciliation. Les Innus ont conservé la foi, malgré les torts causés par les pensionnats. Ils attendent beaucoup de la visite papale, remarque le chef Innu.

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