Un vaccin sur plantes produit au Québec franchit une nouvelle étape

La campagne de vaccination s’accélère dans la province, mais les efforts de recherches se poursuivent chez Medicago pour tenter de mettre au point un nouveau vaccin contre la COVID-19.

Si le pari est réussi, il s’agirait d’une innovation majeure pour Medicago qui développe son vaccin ici même au Québec puisque le procédé choisi est une première.

Le vaccin produit sur plante s’annonce prometteur alors que les études cliniques de phase 3 sont en cours, mais le défi de recrutement représente un enjeu considérable pour les scientifiques.

En effet, l’entreprise doit recruter 30 000 personnes pour cette 3e phase dans 11 pays. Il devient donc plus difficile de trouver des volontaires qui n’ont pas reçu de vaccin ou qui ne sont pas sur le point de le recevoir. Au Québec, les essais cliniques se font avec l’aide de DIEX recherche dans les centres de Joliette, Québec et Sherbrooke.

Les personnes souhaitant participer à la recherche peuvent toujours se manifester pour déterminer leur admissibilité, les participants de l’étude peuvent également quitter à tout moment s’ils désirent se prévaloir d’une dose de vaccin approuvé par Santé Canada dans le cadre de la campagne de vaccination en cours.

Un vaccin différent produit avec l’aide de plantes

Contrairement à ceux de Pfizer et de Moderna qui sont produits à base d’ARN (donc de matériel génétique) ou bien ceux de Johnson & Johnson et d’AstraZeneca (qui sont des virus qui transportent du matériel génétique), le procédé de Medicago repose sur l’utilisation de petits morceaux de protéine virale (pseudoparticules) qui sont purifiés.

Autre particularité, les chercheurs se sont tournés vers des plants de tabac pour faire croitre ces protéines comme l’explique le Dr Jean-Sébastien Paquette, chercheur principal pour DIEX recherche à Joliette.

La formation de thromboses associées aux vaccins d’AstraZeneca a nourri les discussions au cours des dernières semaines. Cet effet secondaire rarissime faut-il le rappeler n’a pas été observé dans le cadre des études en cours. «On n’a pas encore le recul pour le voir, tout est possible, mais ça m’étonnerait. AstraZeneca est composé vraiment différemment comme c’est un adénovirus qui transporte le matériel génétique de la COVID. C’est vraiment deux vaccins complètement différents, mais on ne le sait pas pour le moment.» affirme le Dr Paquette.

L’importance des études pour calculer son efficacité

Questionné à savoir quel est l’efficacité du vaccin contre la maladie, le Dr Paquette soutient que les études en cours ont pour objectif de déterminer si le procédé de Medicago s’avère un succès, et si oui dans quelle mesure.

Bien qu’un peu plus de 30% de la population soit vaccinée à ce jour et que les autorisations finales ne viendront pas encore avant quelques mois, il demeure impératif de poursuivre les travaux en cours selon le médecin chercheur. « Il n’est pas trop tard, c’est sûr qu’éventuellement ça va toujours servir parce que s’il y a des variants, s’il faut faire des rappels chaque année, eux vont être prêts avec cette technologie. Si le vaccin s’avère efficace ça va être vraiment quelque chose du Québec qui va être ici, qu’on va avoir accès facilement. On ne sera pas dépendant d’autres pays. » Le docteur Paquette soutient également que l’utilisation de plants de tabac dans le procédé permet de modifier rapidement la composition du vaccin en cas de besoin éventuellement.

Signe que le projet est avancé, la biopharmaceutique Medicago annonçait récemment la construction d’une usine dans la ville de Québec, les travaux sont débutés et les installations devraient être livrées en 2024.

Santé Canada accepte la demande d’examen continu

Medicago a également reçu une bonne nouvelle vendredi alors que Santé Canada a donné son approbation pour la demande d’examen continu de son candidat vaccin.

Cette autorisation permettra à l’entreprise de transmettre en temps réel des renseignements sur la recherche à Santé Canada, un processus qui permet d’accélérer certaines étapes sans toutefois réduire les exigences auxquels doit se conformer le vaccin.

À noter qu’il s’agit du tout premier vaccin élaboré au pays à se rendre à cette étape.