Une cérémonie «cri du cœur» autochtone à l’espace Raphaël-André

Le chef Jean-Charles Piétacho entouré de membres de la famille de Raphaël André (photo Éric Duguay)

Un hommage à l’Innu de Matimekush Raphaël André au Square-Chabot à Montréal s’est transformé cet après-midi en cérémonie pour le maintien de services adaptés aux autochtones en situation d’itinérance.

M. André est décédé tragiquement l’hiver dernier, faute d’avoir accès à des services appropriés et culturellement adaptés. En présence de sa famille, de dignitaires et d’usagers de l’Espace Raphael-André, la cérémonie-hommage a été marquée par de nombreux appels au maintien des services, présentement menacés du retrait de la tente servant de refuge aux Autochtones en situation d’itinérance.

L’installation temporaire a été érigée au Square-Cabot à la suite du décès de Raphaël André, afin de permettre aux sans-abri de se reposer au chaud et d’avoir accès à des services essentiels. Or, la Ville de Montréal a récemment annoncé qu’elle comptait démanteler l’installation dans les prochaines semaines.

Face à cette situation, les groupes concernés ont décidé de se mobiliser afin de trouver une solution permanente. «Il en va de notre responsabilité collective en tant que société, tant les communautés autochtones qui soutiennent cette initiative depuis le début, que les partenaires gouvernementaux et municipaux, de faire en sorte que ces personnes aient accès à des services adaptés à notre culture et à leurs besoins spécifiques. Si l’on ne fait rien et qu’aucun endroit n’est mis à leur disposition de façon permanente, ils n’auront d’autre choix que de rester dans la rue et tenter de survivre par d’autres moyens», a déclaré le Chef du Conseil des Innus d’Ekuanitshit Jean-Charles Piétacho.

La famille de Raphaël André, qui a fait le trajet par la route depuis Schefferville pour être présente à la cérémonie, a tenu à rappeler qu’un nombre important d’Autochtones en situation d’itinérance vivent à Montréal. Tout comme Raphaël André, ces personnes sont souvent incomprises et se butent aux barrières de la langue et de la culture.

Hommage à Raphaël André (photo fournie par Éric Duguay)

«Notre famille est profondément attristée par le décès de Raphaël et il était important pour nous d’être présents à cette cérémonie pour poursuivre notre processus de deuil. Comme la plupart des personnes autochtones qui sont en situation d’itinérance dans les grandes villes, Raphaël avait de nombreuses souffrances à surmonter. Ces personnes ont malgré tout le droit à la dignité et nous avons un devoir collectif de leur venir en aide et de contribuer à leur mieux-être», a déclaré Carmen André, au nom de la famille.