Une invitation à déclarer «scène de crimes» le site de l’ancien pensionnat de Mani-utenam

Le Pensionnat à Mani-utenam a accueilli des Innus, des Inuit, des Nakapis et des Cris entre 1952 et 1971 (Photos Archives Fonds Pauline Laurin)

L’Association des femmes autochtones du Canada a écrit au procureur général du pays pour l’inviter à porter des accusations relativement à la mort d’enfants dans les pensionnats autochtones. Elle demande que tous les sites d’anciens pensionnats autochtones comme celui de Mani-utenam, soient immédiatement déclarés scènes de crimes et que des enquêtes soient menées.

La démarche de l’AFAC survient après l’horrible découverte de 751 tombes anonymes au pensionnat de Marieval, près de Saskatoon. Il s’agit de la deuxième découverte du genre après les 215 corps d’enfants retrouvés à Kameloops.

L’Association des femmes autochtones souhaite que des accusations soient portées contre les personnes encore vivantes qui ont perpétré ces crimes. Le Code criminel du Canada permet de porter de telles accusations contre les gouvernements et les institutions, rappelle-t-elle.

«Nous pleurons avec les survivants de Marieval qui était, comme les autres pensionnats autochtones, un lieu d’oppression créé à des fins d’assimilation», déclare la porte-parole des Femmes autochtones.

«Mais même si tout cela nous fait pleurer, nous ne pouvons pas prétendre la stupéfaction. Beaucoup parmi nous ont fréquenté ces écoles. Nous avons lu le rapport de la Commission de vérité et réconciliation, où un chapitre entier est consacré aux enfants disparus et aux lieux de sépulture non marqués, ajoute-t-elle.»

L’association des femmes autochtones se dit encouragée par l’intérêt qui est exprimé maintenant par un grand nombre de Canadiens pour les souffrances que les enfants des Premières Nations ont endurées entre les murs des pensionnats.

Le Père Oblat Gagné et le capitaine du S.S. North Pioneer débarquent de jeunes Innues à Sept-Îles (Photos Archives Fonds Pauline Laurin)

«Nous savons qu’on trouvera encore d’autres corps, beaucoup d’autres. Nous demandons aux Canadiens de ne pas devenir insensibles à ces horreurs. Nous demandons que cette colère demeure entière. Parce que c’est seulement lorsque ces émotions seront partagées que nous pourrons entreprendre le processus de réconciliation», conclut le groupe de femmes.