Un employé de soutien sur trois subit de la violence dans les écoles de Port-Cartier, Sept-Îles, Fermont et la Basse-Côte-Nord

Jean St-Pierre | 20 mai 2026 | 10:09
Le président de Fédération du personnel de soutien scolaire CSQ Éric Pronovost la vice-présidente et la présidente du Syndicat de l’Enseignement de la Région du Fer Shella Leblanc et Monica Chiasson (Photo Archive)

Le Syndicat de l’enseignement de la région du Fer dévoile aujourd’hui un sondage saisissant sur la violence en milieu scolaire sur la Côte-Nord. Près de 29 % des répondants affirment avoir subi de la violence au cours de l’année scolaire 2025-2026.

Le portrait met en lumière une hausse importante de la proportion d’élèves avec des besoins particuliers, un facteur qui accentue la pression sur les équipes écoles.

Le sondage mené par la Fédération du personnel de soutien scolaire a rejoint les membres sur les territoires des CSS du Fer et du Littoral. La violence non physique domine largement, avec une proportion équivalente (29 %), tandis que 11 % des répondants ont subi de la violence physique.

« Urgent d’agir »

Les gestes les plus fréquemment rapportés incluent des cris, des blasphèmes, des menaces et de l’intimidation. « Ces données confirment une réalité bien connue sur le terrain : la violence fait malheureusement partie du quotidien de trop nombreux membres du personnel de soutien scolaire. Il est urgent d’agir de manière concertée pour améliorer leur sécurité », affirme Éric Pronovost, président de la FPSS-CSQ.

Le sondage révèle que 78% des victimes identifient les élèves comme étant à l’origine des gestes violents. Les autres sources, parents, collègues ou direction, sont beaucoup moins fréquentes.

Selon le syndicat, la banalisation contribue au phénomène inquiétant. À peine 5 % des victimes remplissent systématiquement un rapport d’incident, et plus de 70 % ne le font jamais.

« Quand les incidents ne sont pas déclarés, ils n’existent pas dans les statistiques et il devient impossible de mettre en place des solutions efficaces. Il faut redonner confiance au personnel et simplifier les processus », souligne la présidente du Syndicat de l’Enseignement de la région du Fer Monica Chiasson.

Pas de formation et prévention

Le sondage met également en lumière des lacunes importantes en matière de prévention. Seulement un peu plus du tiers des répondants ont reçu une formation en gestion de crise, ce qui correspond à la moyenne provinciale.

« Nos milieux font face à des situations de plus en plus complexes, investir dans la formation et la prévention n’est pas un luxe, c’est une condition essentielle pour aider à combattre la violence », précise Mme Chiasson. Des pistes de solutions claires

Malgré ce constat, le personnel de soutien des centres de services scolaires du Fer et du Littoral identifie des solutions concrètes pour améliorer la situation. Ils réclament davantage de formations sur la violence, ainsi que des actions de prévention auprès des élèves et des adultes.

Pour la Fédération CSQ et ses syndicats affiliés, les résultats du sondage doivent servir de levier pour accélérer les actions. « Le personnel de soutien joue un rôle essentiel auprès des élèves. Il doit pouvoir exercer son travail dans un environnement sécuritaire et respectueux », explique M. Pronovost.

Forte hausse des élèves HDAA

La hausse marquée des élèves HDAA accentue la pression. Au cours des dernières années, la proportion d’élèves en situation de handicap ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage a fortement augmenté sur le territoire.

Au centre de services scolaire du Fer, elle est passée de 24,2 % en 2021-2022 à 29,4 % en 2025-2026, soit près d’un élève sur trois. Du côté du centre de services scolaires du Littoral, la hausse est encore plus marquée, passant de 33,3 % à 40,2 %, soit deux élèves sur cinq. Cette croissance survient alors que le nombre d’élèves est relativement stable, dans un contexte de pénurie de personnel et du gel d’embauche.

« Nos milieux accueillent une proportion grandissante d’élèves ayant des besoins particuliers, ce qui augmente directement la charge et la complexité du travail. Les services doivent suivre cette réalité », indique Monica Chiasson. Elle réclame des mesures concrètes du ministère de l’Éducation.