Innu Nikamu | Le festival nord-côtier qui séduit «les grands noms du rock»

La Presse Canadienne | 8 juillet 2026 | 14:27
Le festival nord-côtier Innu Nikamu est l'un des plus grands festivals sans alcool au Canada». (Photo La Presse Canadienne)

Il n’a ni la proximité des grands centres ni les codes d’autres rendez-vous musicaux, mais le festival Innu Nikamu, sur la Côte-Nord, semble avoir trouvé la recette pour attirer des têtes d’affiche d’envergure.

La scène du festival d’Innu Nikamu, située à douze heures de route de Montréal, dans la communauté innue de Mani-utenam, voit défiler les musiciens de renom, depuis quelques années. Après avoir accueilli les Gipsy Kings en 2023, les organisateurs du festival ont frappé fort pour le 40e anniversaire de l’événement, l’année suivante, en attirant Bryan Adams, Flo Rida et Samantha Fox sur la Côte-Nord.

Cette année, la programmation, dont les derniers détails ont été dévoilés la semaine dernière, continue de surprendre alors que le groupe punk américain The Offspring assurera l’une des principales têtes d’affiche. Une bonne prise pour le directeur de l’événement, Normand Junior Thirnish-Pilot.

«On est content de pouvoir offrir une telle envergure de programmation dans une région éloignée, félicite-t-il, en entrevue au Soleil. C’est une grande fierté d’être capable d’avoir des groupes internationaux.»

Une question «d’hospitalité»

Pour tirer son épingle du jeu face aux géants de l’industrie, le festival de Mani-utenam — sans alcool depuis ses débuts ― doit impérativement se distinguer auprès des artistes, explique le directeur. 

Selon lui, «le travail d’hospitalité» entretenu par l’organisation pèse lourd dans la décision des musiciens de faire la route jusqu’en territoire innu. «Le backstage est centré sur la culture innue, souligne le directeur. L’année dernière, certains d’entre eux ont même eu des ateliers pour apprendre à faire cuire leur bannique et faire fumer leur saumon.»

Lors de leur passage sur la Côte-Nord, des membres des Gypsy Kings ont également pu profiter de tours d’hélicoptères pour visiter le territoire, se rappelle-t-il.  «Pour eux, ça devient inoubliable.»

Avec les années, la réputation du festival est devenue un levier important pour convaincre les artistes de renom de faire le déplacement. «C’est un petit milieu, ça se parle, résume Normand Junior Thirnish-Pilot. Quand on appelle les agences, elles savent qui on est. Ça rend ça plus facile.» 

N’en demeure pas moins que la tenue d’un festival en région comporte son lot de défis, dont le transport, qui trône au sommet de la liste. La venue de groupes comme The Offspring, habitué des spectacles à grand déploiement, nécessite une logistique importante, note le directeur. «Par-dessus tout ce qu’on a sur place, ils arrivent quand même avec deux camions de 53 pieds pleins d’équipement supplémentaire.»

De la place pour la relève

Alors que la venue de «grands noms du rock» comme The Offspring et Éric Lapointe attire les festivaliers en grand nombre, la programmation d’Innu Nikamu fait aussi une place de choix aux artistes autochtones. Du 31 juillet au 2 août, les spectateurs pourront notamment profiter de prestations de Scott-Pien Picard, de Bozo St-Onge, de Matiu et de la soprano innue Élisabeth St-Gelais. 

Le directeur de l’événement, Normand Junior Thirnish-Pilot, se fait également un point d’honneur de réserver une place de choix aux artistes de la relève. Pour la 42e édition, il invite notamment les festivaliers à découvrir l’autrice-compositrice-interprète wendat ANYMA ORA’.

«C’est la première fois qu’on me parle autant d’un artiste, remarque-t-il. Je n’ai jamais reçu autant de courriels, de textos et de messages pour une artiste.»

Par Gabrielle Cantin, Initiative de journalisme local, Le Soleil