L’attente aux urgences s’est améliorée de 11 minutes
Un panneau «Urgence» d'un hôpital est visible à Montréal, le mardi 17 septembre 2024. LA PRESSE CANADIENNE/Graham Hughes La durée médiane du séjour aux urgences était de 5 heures et 12 minutes l’an dernier au Québec, selon un rapport de l’Institut économique de Montréal (IEDM) publié jeudi. Cela représente une légère amélioration de 11 minutes en comparaison avec l’an dernier.
« C’est quand même 11 minutes de moins que le patient typique a besoin de passer à l’urgence avant de pouvoir rentrer chez lui. Donc, c’est un pas dans la bonne direction, mais ça reste un très petit pas quand on le compare à ce qu’il y avait avant la pandémie », commente en entrevue Renaud Brossard, vice-président aux communications à l’IEDM.
Depuis 2018, le temps d’attente médian aux urgences a augmenté de 41 minutes à travers la province. « Essentiellement, on fait un petit pas dans la bonne direction après avoir fait plusieurs grands pas dans la mauvaise direction », résume M. Brossard.
La durée médiane du séjour dans une salle d’urgence est calculée depuis l’arrivée du patient, lorsqu’il est enregistré avec sa carte d’assurance-maladie, jusqu’à sa sortie de l’hôpital ou son admission dans une autre unité. Cela signifie que la moitié des séjours ont été plus longs, et l’autre moitié, plus courte.
Sur la Côte-Nord, le temps d’attente médian s’établi à 3 heures et 40 minutes. Le CSSS de la Basse-Côte-Nord (2 heures et 8 minutes) affiche la durée de séjour médian la plus basse de la région. À l’inverse, l’Hôpital et Centre d’hébergement de Sept-Îles (6 heures et 4 minutes) affiche le temps de séjour le plus long de la région.
M. Brossard soulève toutefois que toutes les régions n’offrent pas le même niveau de service. C’est l’une des limites du classement.
Ces données laissent croire qu’il s’agit d’un manque de personnel. « On attend très, très longtemps avant de voir un médecin, mais quand on voit un médecin, on est pris en charge rapidement et on peut quitter, pointe M. Brossard. Ça montre qu’il y a peut-être un manque de capacité au niveau du traitement dans la salle d’urgence elle-même plutôt qu’un manque de capacité dans les lits par la suite pour pouvoir faire passer les patients sur les étages. »
Il soutient que l’accès à la première ligne est un frein majeur pour améliorer les temps d’attente.
« Pour beaucoup de patients qui n’ont pas de médecins de famille ou ceux qui ont des médecins de famille, mais qui sont en dehors des heures de bureau régulières, voire même ceux qui n’arrivent pas à avoir un rendez-vous avec leur médecin de famille, la seule porte d’entrée dans le système de santé devient la salle d’urgence. Ce qui fait en sorte qu’on a beaucoup de patients qui ne devraient pas se retrouver à l’urgence, mais qui n’ont pas vraiment d’autres alternatives. »
Il croit que si le Québec avait plus de « centres médicaux de soins immédiats », qui peuvent prendre en charge des urgences mineures, cela désengorgerait les salles d’urgence du Québec qui se concentreraient sur les cas plus graves.
Avec Carolane Beauregard