Signature d’une déclaration de solidarité entre Femmes Autochtones du Québec et Nation Innue pour la sécurité des familles
Une rencontre historique à Uashat a permis la signature d’une entente pour la prévention et la lutte contre les différentes formes de violence envers les femmes et les enfants autochtones, dans le respect de l’autonomie de chaque communauté. (Photo Facebook ITUM Bureau politique) Femmes Autochtones du Québec et tous les Chefs de la Nation Innue au Québec ont signé une déclaration de solidarité réaffirmant l’importance d’accorder une attention collective et soutenue à la sécurité, à la dignité et au bien-être des femmes et des enfants des Premières Nations.
La signature s’est faite à Uashat le 13 octobre, lors d’une rencontre historique à la suite d’une série d’événements tragiques mettant en lumière la situation critique de la violence à l’égard des femmes et des familles autochtones.
Cette rencontre est le fruit d’une initiative de FAQ, portée conjointement avec la Cheffe Marielle Vachon et le Chef Jean-Charles Pietacho, qui s’inscrit dans les démarches entamées depuis plusieurs mois pour prévenir la violence et soutenir les femmes et les enfants des Premières Nations.
« Cette rencontre est historique. En se joignant à nous, les Chefs de la Nation Innue envoient un message fort : la sécurité des femmes et des enfants est l’affaire de toutes et de tous, et c’est en travaillant ensemble que nous arriverons à assurer la sécurité de nos femmes et de nos familles », souligne la présidente de Femmes Autochtones du Québec Marjolaine Étienne.
Réalité préoccupante dans les communautés
Les signataires reconnaissent que la violence envers les femmes et les enfants demeure une réalité préoccupante au sein de leurs communautés et qu’elle exige une prise de conscience collective, un leadership soutenu et des actions adaptées aux réalités de chacune d’elles.
Les Chefs des communautés de Pessamit, Ekuanitshit, Nutashkuan, Essipit, Matimekush Lac-John, Mashteuiatsh, Pakua Shipi, Uashat mak Mani-utenam et Unamen Shipu réaffirment leur volonté de contribuer à la prévention et à la lutte contre les différentes formes de violence envers les femmes et les enfants autochtones, dans le respect des réalités, des priorités et de l’autonomie de chaque communauté.
« Face à la gravité de la situation, nous avons la responsabilité de faire preuve de leadership pour que nos femmes et nos enfants puissent vivre dans des milieux sécuritaires, respectueux et bienveillants. Cette déclaration témoigne de notre volonté de renforcer le dialogue et d’encourager les démarches de guérison, dans le respect des réalités de chacune de nos communautés », déclare la Cheffe Marielle Vachon du Conseil des Innus de Pessamit et porte-parole du dossier pour la Nation Innue.
« Un geste de solidarité »
Les échanges pourront également s’inscrire dans le cadre des travaux de la Cellule stratégique Santé et Services sociaux de la Nation Innue. Un engagement collectif pour des milieux de vie sécuritaires. Les signataires rappellent que la lutte contre la violence est une responsabilité collective, qui interpelle l’ensemble des gouvernements, des leaders, des familles et des membres des communautés.
« La violence envers les femmes et les enfants est une réalité que nous ne pouvons ni ignorer ni accepter. Comme élus, nous avons la responsabilité de trouver des solutions qui viennent de nos communautés et qui respectent nos réalités. Cette déclaration est avant tout un geste de solidarité. Elle nous rappelle que la sécurité des femmes et des enfants nous concerne tous et toutes et que le changement doit se construire ensemble » affirme Jean-Charles Piétacho, Chef du Conseil des Innus d’Ekuanitshit.
En signant cette déclaration, les Chefs de la Nation Innue et la présidente de FAQ expriment leur volonté de poursuivre le dialogue et d’explorer des pistes de collaboration susceptibles de contribuer à la prévention de la violence.
Des causes profondes
La déclaration reconnaît que les violences qui touchent de manière disproportionnée les femmes et les filles autochtones trouvent leurs racines dans l’héritage du colonialisme, des pensionnats, de la Loi sur les Indiens et des politiques d’assimilation imposées aux peuples autochtones. Reconnaître ces causes profondes est essentiel pour mettre en œuvre des solutions durables, fondées sur la guérison et le rétablissement de l’équilibre au sein des communautés.
Les signataires ont également affirmé leur appui aux principes de la Charte d’égalité entre les femmes et les hommes des Premières Nations et réaffirment le droit des femmes et des filles autochtones à l’égalité, à la sécurité, à l’intégrité et à la dignité, un droit reconnu.
La déclaration rappelle enfin que les femmes autochtones, porteuses de vie, de savoirs, de langues et de cultures, occupent une place fondamentale au sein des Nations, et que leur sécurité est intimement liée à la force et à l’avenir des communautés.